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Présentation des livres


Histoire du célibat Histoire du couple Histoire du mariage
Histoire de la conquête amoureuse
Histoire du coup de foudre
Histoire de la pudeur Pudeurs féminines
Mystique sans Dieu
Histoire de la coquetterie masculine
Histoire du sentiment amoureux

PRINCIPAUX LIVRES :

Dernier roman

Romans
Romans

La Faute des femmes, Les Éperonniers, 1989 (Prix Rossel)
Le Dit des béguines, Denoël, 1993
Le Frère à la bague, Le Rocher, 1998, Labor, 2006
L'ange des larmes, Calmann-Lévy, 2010
Fermé pour cause d'apocalypse, Pascal Galodé, 2013.

   
Essais
 
Histoire du coup de foudre, Albin Michel 2017.
Histoire de la pudeur, Orban, 1986; Perrin, 1999; Hachette, coll. Pluriel
Une mystique sans Dieu, Albin Michel, 2015
Histoire du célibat et des célibataires, Fayard, 2004; Hachette, coll. Pluriel, 2007.
Histoire de la conquête amoureuse, Seuil, 2007, coll. Points, 2010.
Histoire du couple, Perrin, 2016.

Dernier essai

Histoire du coup de foudre
                 

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BIBLIOGRAPHIE COMPLETE :

Romans, nouvelles, apologues
essais
dictionnaires
livres collectifs

Romans, nouvelles, apologues

La faute des femmes - Les Éperonniers, 1989; Belgique Loisir, 1990; Les Éperonniers, coll. Passé/Présent, 1999; Prix Rossel 1989
Le Troisième Testament - Les Éperonniers 1990; Prix Marcel Lobet (A.R.E.W.) 1991

Écrit en la secrète - Apologues - Les Éperonniers, 1992

Le dit des béguines - Denoël, 1993; Bourse Thyde Monnier de la S.G.D.L., 1993
    trad. allemande : Der verwundete Vogel , trad. Angelika Weidmann, Münich, Knaur, 1995.

Le secret de la sibylle - Rocher, 1996
    tr. portugaise : Osegredo da sibila , Lisboa, Livros do Brasil, 1998. Tr. João Costa.

Le chanteur d'âme - nouvelle, Le Rocher, 1997.

Sans témoins - Zulma, 1996.
   Éd. 2000, 1997; Le livre du mois, 2003.

Le frère à la bague  - Le Rocher, 1999 - édition de poche : Labor, 2006

* Le Roi rebelle  - Apologues - Michel de Maule, 2000, avec une lithographie de Tudor Banus.

Le Testament de sable - nouvelle, Le Rocher, 2001.

Requiem pour un ange tombé du nid - Fayard, 2001
    Prix Gauchez-Philippot, 2002

L'arpenteur de mémoire - Fayard, 2002

La bonne conscience- nouvelle, Promotion des lettres belges, 2002.

Sherlock Holmes et le Secret des Lettres - ("Le chanteur d'âme", "Le Testament de sable", "La     Rectificatrice"), Le Rocher, 2003.

L'homme fougère - Fayard, 2004

* Le marchand d'anges, contes, Le Grand Miroir, 2008.

* L'ange des larmes, Calmann-Lévy, 2010.

* Fermé pour cause d'apocalypse, Pascal Galodé, 2013 (coll. "Le K")

Essais

Genèse des mètres gallo-romans (IXe-XIe siècles) , mémoire de philologie romane, 1978.
  (professeur titulaire : Madeleine Tyssens)
Histoire de la pudeur  - Olivier Orban 1986; France Loisir 1987; Hachette (coll. Pluriel) 1987,     1997; Librairie académique Perrin, 1999
  Prix Théroigne de l'Académie française; Prix des jeunes talents de la Province de Liège
  Trad. portugaise (Ed. Teorema, 1990), Historia do pudor .
  Trad. japonaise (Ed. Chikuma Shobo, 1994)
  Trad. russe (Progress Academy)
  Trad. allemande, Nacktheit und Prüderie, eine Geschichte des Schamgefühls , tr. Thorsten Schmidt, Weimar, Verlag Hermann Böhlaus Nachfolger, 2001.
  Trad. coréenne, Séoul, The éditor Publishing
  Trad. chinoise (Tai-Wan), éd. Yuan-Liou, 2005
  Trad. Chinoise (Chine), CITIC Publishing House, 2006

La Naissance interdite  - Olivier Orban 1988

Histoire morale et culturelle de nos boissons - Laffont, 1991

Du flambeau au bûcher : Magie et superstition au moyen âge - Plon, 1993. 
   Traduction : Allemagne : éd. Artemis & Winkler (Münstergasse, 9, CH-8001 Zürich);
   Düsseldorf, Walter, 1995 : Von der Fackel zum Scheiterhaufen : Magie und Aberglaube im Mittelalter .
    Magie und Aberglaube im Mittelalter : Von der Fackel zum Scheiterhaufen.  Éd. Patmos Paperback, 2003
    Espagne : Éditions Anaya et Muchnik, De la antorcha a la hoguera , 1997.
    Portugal : éd. Dom Quixote, Da Chama à Fogueira, Magia e Superstição na Idade Média ,
    1999.

Histoire des cafés et des cafetiers  - Larousse, 1993

* Histoire du mariage en Occident - Lattès, 1995;  Hachette, coll. Pluriel, 1998.
    Traduction tchèque : éd. Volvox Globator, en cours
    Traduction portugaise : História do casamento no Occidente , Lisboa, Temas e debates, 1999
    Traduction chinoise : China Renmin University Press, 2008

Le mysticisme athée  - Le Rocher, 1995

Les sept vies de maître Eckhart  - Biographie, Le Rocher, 1997

Histoire du sentiment amoureux  - Flammarion, 1998

Voyage autour de ma langue - Essai sur la langue française, Les Belles Lettres, 2001

* Histoire du célibat et des célibataires, Fayard, 2004; Hachette, collection Puriel, 2007
   trad. italienne Orsola Severini, Camilla Diez, Maria Alba Fasolo, Giovanna Milano, Rome, Valter Casini, 2006.
   trad. coréenne : éd. Imago (Séoul), en cours
   trad. russe : éd. NLO, Moscou, 2010

*Gautier Le Leu, Dieu et le Pêcheur, adaptation et présentation J.C. Bologne, Éditions Rhubarbe, 2007.

* Histoire de la conquête amoureuse - Le Seuil, 2007, collection Points Histoire, 2010 (sous le titre : L'invention de la drague).
    trad. polonaise : éd. Naukowa, 2012 (Ireneusz Sakowski)
    trad. russe : éditions Text, 2009
    trad. italienne : éd. Angelo Colla, 2008 (trad. A. Tomei)
    trad. portugaise : éd.Teorema, 2009 (trad. Telma Costa)
    trad. turque : éd. Dost, 2011(trad. Erkan Ataçay)
    trad. roumaine : éd. Nemira, 2009
    trad. grecque : éd. Polytropon, 2009 (trad. Giannès Kaukias)
    trad. chinoise (Chine populaire) : éd. Jiangxhi Education publishing house, (prév. 2018)

* L'Amour, avec Elisa de Halleux - Flammarion / Carnets du Louvre, 2008
    trad. anglaise, 2008)

Pudeurs féminines, Seuil, 2010.
    trad. russe : éditions Text, 2014
    trad. chinoise (Chine populaire) : éd. Jiangxhi Education publishing house, (prév. 2018)

La coquetterie masculine, Perrin, 2011.

Histoire de l'hôtel de Massa, SGDL, 2012.

Une mystique sans Dieu, Albin Michel, 2015.

Histoire du couple, Perrin, 2016

Histoire du coup de foudre, Albin Michel, 2017.

Dictionnaires

* Dictionnaire commenté des expressions d'origine littéraire (Les allusions littéraires)  - Larousse 1989, rééd. 1999 et 2005.

* Dictionnaire commenté des expressions d'origine biblique (Les allusions bibliques)  - Larousse 1991, rééd. 1999 et 2005.

* Une de perdue, dix de retrouvées (Les sept merveilles)  - Larousse, 1994, rééd. 2004.

Qui m'aime me suive, dictionnaire commenté des allusions historiques - Larousse, 2007.
 

Livres collectifs

* Alain Pouillet, L'embarcadère , Lyon, 1993, "Temple"

L'année nouvelle , Canevas, Les Eperonniers, L'instant même, Phi, 1993, "Le collectionneur".

Qu'est-ce que la littérature érotique , "L'érotisme essentiel", Zulma, 1993.

131 nouvellistres contemporains par eux-mêmes , Festival de la Nouvelle de Saint-Quentin, Manya, 1993, "L'apologue".

Dernières nouvelles de King-Kong , Zulma, 1994, "Un ancêtre oublié de King-Kong."

L'affaire Grimaudi , roman collectif, groupe Ecritures, Rocher, 1995.

Louis Hap, histoire d'une rue , "La Bête", Bruxelles, Icarus, 1995.

Regards sur l'invisible , textes littéraires inédits sur le thème de la mort, "Les passeurs de vie", CAM - Les Eperonniers, 1995.

Nouvelles habillées plus une déshabillée , Hachette, 1996, "La houppelande".

Demain les momies , Rocher, 1996, "La légende d'Egide l'Hagiophage", Rocher, 1996.

* "Le chocolat dans la littérature française des XIXe et XXe siècles", dans Chocolat, de la boisson élitaire au bâton populaire, XVIe-XXe siècle , catalogue CGER, 1996.

* "Du sacré à l'intime", dans Le baiser , Éd. Autrement (collection Mutations, N° 169), 1997. Trad. en brtésilien 1998, "Do sagrado ao íntimo".

Le bel aujourd'hui , Cadex, 1997, "Les deux paradis", p. 107.

Coups de cœur à Thomas Owen , Lefrancq, 1998, "L'alphabet de feu"

* "Le triomphe des apparences", dans La Séduction , Éd. Autrement

Bélgica hoy : Antología de la novela corta , Universidad de Las Palmas de Gran Canaria, 1998. "El colleccionista" ("Le collectionneur, tr. Donato Plumariega Sañudo).

Des dragons et des Georges , Mons, La lettre Volée, 2000. "Le regard du dragon".

Une anthologie de l'Imaginaire , arcane cinquième, éd. Rafael de Surtis, coll. "Pour une Fontaine de feu", 2001. "L'amour sidéral".

Le chevalier sans nom  - "Sans titre", Nestiveqnen, 2001 (Coll. Nouvelle Donne).

Quelques songes de Prométhée  , Rocher, 2001, pp. 29-41 : "Les trois pierres"

Compartiment auteurs , SNCB, 2002, "Le retour", pp. 10-12.

Chaumont nouvelles fictions , Le Pythagore, 2002, pp. 36-42 : "L'école des anges".

A-B-Cédaire porcinophile , Éditions Virgile, 2003. "K comme Kukéon".

Drôles de plumes , éditions Moulinsart, 2004. "Les disparus du tracé royal".

* L’auteur et son libraire, Devillez, 2006, « Paysage avec et sans libraire ».

* Le XIe, tout un roman, "Un chemin vert teinté de rouge", éd. Art et poésie, 2007.

* A-B-Cédaire liquidophile, Éditions Virgile, 2007 : « Rogomme et Gomorrhe ».

* Dragons, Calmann Lévy, 2008. « Le dragonneau anorexique ».

* Anthologie du roman historique, Bruxelles, Le cri, 2008 (extrait du Frère à la bague).

* Le monstre n’est pas celui qu’on croit, Atelier d’écriture du Jeune Écrivain, Rhubarbe, 2011, « L’encyclopédie de mon peuple ».

*Liberté d'expression en Europe et en Méditerranée, censures visibles et invisibles, Calliopées, 2012, « La censure du réel », p. 121-127.

* Voyage à l’île Paria, Atelier d’écriture du Jeune Écrivain, Rhubarbe, 2012, « La grande gueule de bois ».

* Jardin des délices, jardin des supplices, Atelier d’écriture du Jeune Écrivain, Rhubarbe, 2013, « Le jour où je suis vraiment né », p. 67-72.

* Achève-moi ! À la folie, six nouvelles inédites et leurs suites, Luce Wilquin, 2013. « Le président hennissant », p. 15-20.

* Mon royaume pour un livre, Castor astral, 2013. « La petite Antigone murée au fond de moi », p. 33-43.

* Je vous écris d'une ville invisible, Atelier d’écriture du Jeune Écrivain, Rhubarbe, 2014, « La décharge aux objets rouges », p. 7-11.

* Le Chant du monde, Atelier d’écriture du Jeune Écrivain, Rhubarbe, 2015, « Le datu et le punong pampukook », p. 85-91.

* Le peuple des lumières, Ker éditions, 2015 (coll. Double jeu), « L’homme au Dieu inconnu », p. 57-67.

Publications de nouvelles et de poèmes dans plusieurs revues (Utopia, Nouvelles nouvelles, Nouvelle donne, Frank, Le Horla, Marginales, Les Feuillets du Spantole, Écrits vains, Le Chalut,  Élan, La Pensée wallonne... )

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LIVRES PUBLIES

Fermé pour cause d'apocalypse, roman, Pascal Galodé, 2013 (collection "Le K").
Apocalypse           Léon-Joseph Massoulat, après sa mort, arrive en enfer. Il découvre d’étranges lieux, en trompe-l’oeil, des décors de théâtre sur plusieurs niveaux, formés de toutes les représentations imaginaires que l’humanité s’est forgées sur l’outre-tombe. Mais ce Léon-Joseph, de son vivant redoutable syndicaliste, pose la question la plus saugrenue : cet enfer est-il aux normes de sécurité, et d’accès facile aux personnes à mobilité réduite ? Ce problème sème le désordre dans l’au-delà. Du portier Sabnac au puissant Baalbérith, du brigadier Cattiminus à l’huissier Tutivillus, de la taverne de Kobal au réseau Facebouc, on discute ferme, à coups d’arguments théologiques et de rappels au code de la construction. D’autant plus que l’Apocalypse semble imminente, et que Dieu lui-même s’en mêle : n’est-il pas temps de laisser aux hommes la gestion de leur monde ? Cette fable, aux allures de farce drolatique, savante mais burlesque, prend peu à peu la dimension d’un suspense métaphysique, et surtout du drame intime d’un humain confronté à son passé, à sa responsabilité devant l’univers.



Histoire de la conquête amoureuse
, Seuil, 2007.
Conquête
          Les chevaliers connaissaient l’art d’alourder les femmes ; Villon a plus que tout autre galé du temps de sa jeunesse folle ; tour à tour les garçons ont séduit, conté fleurette, coqueté, flirté... ou dragué. Au sens strict, la drague est indissociable des années 1950, mais ses ruses, ses mécanismes psychologiques sont millénaires.
          Ses démarches sont multiples : on ne séduit pas la femme de sa vie comme la compagne d’un soir. Ses références, variables : on cherchait jadis conseil auprès de l’acteur de théâtre ; le spécialiste de marketing semble aujourd’hui plus efficaces. Quant aux conceptions... Peut-on parler de la même manière à l’âme d’une jeune fille ou à son ça inconscient ? On ne tient pas le même discours si l’on se fie à son cœur ou à ses phéromones.
          En interrogeant les arts de séduire depuis Ovide jusqu’aux Pick-up artists, en étudiant les tactiques d’Alcibiade à Casanova, ce livre tente de comprendre comment, depuis toujours, garçons et filles ont sauté le pas le plus hasardeux : le premier.


Qui m'aime me suive, dictionnaire commenté des allusions historiques, Larousse, 2007.
Qui m'aime me suive          Tout est perdu fors l'honneur... Je vous ai compris ! Les délices de Capoue... Un coup de Jarnac, un baiser Lamourette, l'oeuf de Colomb, faire le mariol... Les allusions à un personnage historique ou à un événement qui a fait date sont nombreuses. Pourquoi ces expressions ont-elles marqué leur temps, comment sont-elles déformées, transformées, pour s'adapter à d'autres manières de voir ou de dire ? C'est ce que nous montre Jean Claude Bologne en retraçant leur histoire. On s'amusera ainsi à retrouver l'atmosphère qui a entouré le fort Chabrol ou suscité le bois dont on fait les flûtes. On découvrira que des expressions banales trouvent leur origine dans un fait historique oublié : on fait la queue  sans plus penser à l'exécution de Robespierre et l'on peut briller par son absence sans être Cassius ou Brutus. Les nombreux exemples relevés dans la littérature contemporaine, dans les journaux, à la télévision, à la radio ou sur Internet témoignent quant à eux de la vitalité de ces allusions, de leur usage — clin d'oeil à l'Histoire. Une chasse au trésor passionnante à laquelle il ne manque pas un bouton de guêtre !

Histoire du célibat et des célibataires, Fayard, 2004 ; Hachette, colelction Pluriel, 2007.
Histoire du célibat            Tous les héros sont célibataires, même si, dans le conte, ils finissent mariés et heureux avec beaucoup d'enfants. Une grande partie des écrivains, artistes, philosophes, savants, sont des célibataires, ou ont apporté leur contribution à l'histoire de l'humanité avant leur mariage. Et pourtant, le célibat ne semble guère avoir inspiré les historiens, sans doute parce ses contours sont parfois difficiles à cerner.
          Jadis, en dehors des ordres sacrés, le célibat était une salle d'attente du mariage où ne s'attardaient que les "vieilles filles" et les "vieux garçons" plaints ou méprisés. Aujourd'hui, c'est un mode de vie assumé, que reprennent à l'occasion les gens mariés, que retrouvent tout naturellement les divorcés. C'est un marché, aussi, qui s'est développé de façon spectaculaire ces dernières années.
          Phénomène important depuis le XVIIIe siècle, il est lié aux notions émergeantes d'individu, de liberté, de droit au bonheur, de réalisation personnelle... Une nouvelle forme de sociabilité se constitue, dont le célibataire constitue la cellule (clubs, associations, bandes...), alors que le couple était le noyau des sociétés anciennes (clan, tribu, famille...).
          Ce livre tente de cerner cette évolution en s'interrogeant sur les différentes images du célibataire depuis l'antiquité jusqu'à nos jours dans le monde occidental.


Histoire morale et culturelle de nos boissons Laffont, 1991
Boissons   "L'ignoble chope" - de bière - a-t-elle tué l'esprit de Rabelais (le vin) et celui de Voltaire (le café) ? On pouvait le penser en... 1872, quand la boisson d'Outre-Rhin fut dénoncée au nom du nationalisme revanchard. La boisson a suscité des passions que nous avons parfois du mal à comprendre. Des rivalités naissent : le bordeaux contre le champagne, Beaune contre Reims, la bière contre le vin... Des croisades sont entreprises contre le café musulman, la bière teutonne, le coca de l'impérialisme américain... Des débats surréalistes éclosent. Peut-on prendre du chocolat pendant le carême ? Quel vin peuvent boire les femmes ? Le chrétien peut-il accepter de voir la "mitraillette de l'enfer" (le vin) sur ses autels ?

Derrière ces querelles d'image et ces conflits de préséance, une riche mythologie nous montre l'ancrage profond de la boisson dans nos moeurs et notre culture. Capable de nous faire oublier politesse, amitié, intérêt et instinct de survie, mais aussi de souder des amitiés ou de nourrir une forme de mysticisme, la boisson rythme notre existence, tour à tour adorée et honnie pour les mêmes fausses raisons, en vertu de clichés millénaires ou de rites immémoriaux.

Le livre étudie d'abord les réactions françaises à l'introduction de nouvelles boissons : conflit de civilisation avec le coca-cola, symbole de l'"american way of live" (1949-1953); conflit nationaliste avec la première bière industrielle venue d'Allemagne (1870-1886); conflit écono-mique lorsque le café, le thé, le chocolat, menacent l'empire du vin (XVIIe-XVIIIe siècles). Dans une même culture, dans un même pays, d'autres dis-tinctions peuvent se mani-fester, en fonction des sexes, des âges, des activités : y a-t-il des boissons de femme, d'enfant, de soldat, de sportif ? Il faut alors se pen-cher sur les images liées à chaque boisson. Sa mythologie : Bacchus, Noé, le Christ et de nombreux saints patronnent le vin, comme Gambrinus, saint Arnoul ou Cérès la bière, Pomone le cidre, Mahomet le café, Darma ou Bouddha le thé... Des impératifs économiques (le lent apprivoisement de l'eau), techniques (le houblonnage de la bière), religieux (l'expansion de la vigne) induisent alors de nouveaux clichés, donc de nouveaux conflits.

Les boissons ne sont pas que des pommes de discorde. Elles peuvent aussi rassembler : la convivialité du vin (résurrections du banquet grec, tavernes, confréries...), du café (révolution sociale du XVIIIe siècle), voire de l'eau (les cures) sont une autre facette du génie des boissons. Pour chacun, enfin, la boisson peut épouser un besoin de dépassement, d'affirmation ou de révolte qui justifie des comportements excessifs. Du groupe national au groupe culturel, de la réunion d'amis à la consommation solitaire, nous reposons la même question : pourquoi buvons-nous ?

Le troisième Testament, Roman, Les Eperonniers, 199O, Prix Marcel Lobet 1991

Qui a tué Agnès, l'"ingénue" de la Compagnie des Anges ? Pour le savoir, il faudra comprendre comment est morte Belît, la grande-prêtresse mésopotamienne, pourquoi Faustulus a tué son fils, et Isis, son dieu... Sylvain, jeune Liégeois qui traverse candidement les pièges et les perversions de la société parisienne, ne comprend rien à ce qui se passe. Mais parce qu'il est particulièrement sensible aux rapports de force et aux tensions dans la troupe théâtrale qui l'a accueilli, il restituera sans le savoir, dans les nouvelles qu'il écrit, tous les éléments psychologiques qui permettront à l'inspecteur de débrouiller l'affaire.
Ce qui l'intéresse, pourtant, c'est de comprendre les causes et les implications de son départ pour la capitale, à travers le mythe de l'enfant exposé sur les eaux et recueilli par un berger, une magicienne ou une reine. Les légendes de Sargon, roi accadien du XXIIIe siècle av. J.C. confié à l'Euphrate; de Romulus et de Remus, recueillis sur le Tibre par le berger Faustulus; de Moïse sauvé des eaux, ou du dieu Thôt repêché dans le Nil par Isis la magicienne, sont autant d'explorations intérieures qui lui permettent de définir sa propre quête; autant de miroirs déformants où se reflète son entourage. Parce qu'il ne voit la vie qu'à travers le filtre de l'histoire; parce qu'il privilégie spontanément le meurtre rituel sur le crime crapuleux, il obligera l'inspecteur à envisager sous un nouvel angle l'assassinat d'Agnès.
Ni roman policier, ni roman historique, ni roman philosophique, le récit devient une défense et illustration de l'écriture et du rêve. La quête intérieure de Sylvain débouchera sur le mysticisme athée pour lequel est mort un homonyme, l'année de sa naissance. Et la réalité soudain rattrape le rêve...

La Faute des Femmes, roman - 1989, Editions des Eperonniers, Prix Rossel 1989

          "Tu es la faute des femmes. Tu as tâché de retenir le Seigneur en l'enfermant dans un linge blanc, dans un drap d'amour image déjà de son linceul. Et tu es restée image, immobile et figée tandis qu'il continuait sa route." Véronique se plaint d'être la femme toujours abandonnée, comme la sainte qui emprisonna le visage du Christ au lieu de le suivre jusqu'au bout de son Calvaire. Mais est-ce sa faute si, devant un amour reçu comme une gifle quand elle pensait avoir atteint l'âge de l'apaisement, elle a eu le vieux réflexe de la femme soumise ? Christophe, si jeune, si beau, incarne ce bon-heur immaculé auquel elle avait renoncé de rêver. Pour le garder chaque jour jusqu'au lendemain, elle abdique. Vivre pour l'autre, par l'autre, jusqu'à s'anéantir : voilà la faute des femmes, résumée dans cette Véro-nique de la légende biblique qui n'est plus une femme, mais un cadre à la Sainte Face qu'elle a dérobée.

    Pour comprendre, pour survivre à la rupture devenue inévitable, Vé-ronique interroge les femmes qui ont jalonné sa vie; celles qui, comme elle, se sont perdues dans un amour trop absolu. Edith (Piaf), triomphe de la femme, qui connut avec Théo un amour complémentaire à celui de Véro-nique pour Christophe. Julia (Daudet), à la fois plénitude et regret de la femme, qui réussit à équilibrer son amour, mais au prix de ses propres ambitions littéraires. Maria-Ana (Alcoforado), sacrifice de la femme, payant toute sa vie le bonheur d'avoir été un jour la "religieuse portugaise". Et jusqu'à cette mystique fla-mande qui sut du sacrifice suprême tirer le su-prême triomphe : vivant au quotidien la présence du Christ, L*** ne pouvait que s'effacer jusqu'à l'anéantissement glorieux au contact permanent de l'infini. Cellule monacale, cécité, jeûne prolongé plusieurs années, voeu de silence, refus de toute pensée, perte de l'identité et du nom... Arrivée au fond d'elle-même, au bord de ce néant qui la terrifie et la fascine, Véronique doit faire un choix. En aura-t-elle la force ?
 

Les grandes allusions, Dictionnaire commenté des expression d'origine littéraire, Larousse, 1989. Réédité sous le titre Les allusions littéraires, puis Expressions d'origine littéraire.
All. litt. All. litt.          "On ne badine pas avec l'amour... Les affaires sont les affaires... Le paysan du Danube, un problème kafkaïen, l'abîme de Pascal..." Autant d'expressions qui, dans le langage contemporain, révèlent notre goût pour les jeux de mots et les clins d'oeil culturels. Mais sait-on encore d'où viennent ces allusions extraordinairement vivaces ?
En hors-d'oeuvre, l'ouvrage propose une réflexion sur ces allusions qui réveillent, comme la "petite madeleine" de Proust, nos souvenirs de potaches... Mais si l'allusion puise ses sources dans une culture commune, dominée par la littérature classique, elle est, à la différence de la citation, utilisée sans référence et souvent de façon approximative. Bien vivante dans la langue, elle stimule les plumes des orateurs inventifs et suscite notre complicité, au détour d'une conversation, d'un titre de presse, d'une chanson.
Plus de 700 allusions sont recensées. Pour 450 d'entre elles, un commentaire montre comment l'expression est née dans un contexte littéraire et historique précis pour, progressivement, s'en détacher et se redéfinir au gré des discours, suivant les caprices de l'actualité. Le "paysan du Danube" n'est plus l'orateur brillant sous des dehors rustres mis en scène par La Fontaine, mais un homme empoté dans ses paroles comme dans ses actions. Le "nez de Cléopâtre" ne désigne plus ce "je-ne-sais-quoi" qui donne du charme à une femme sans grande beauté, mais une petite cause entraînant de grands effets. On est étonné de retrouver le "coup d'essai" cher au Cid de Corneille dans le vocabulaire du sport de l'époque ou la "faute à Voltaire" chère au Gavroche d'Hugo... dans une chanson politico-érotique de Béranger !
Triturée jusqu'à ne plus être reconnue, l'allusion revient constamment sous la plume ou dans la bouche. L'aide humanitaire au Liban pose-t-elle des problèmes politiques ? "Peut-on faire de la diplomatie avec de bons sentiments ?", commente la télévision... Les pharmaciens se mettent-ils en grève ? Ils tentent de "faire pleurer Margot sur leur sort", susurre-t-on à la radio. Gide et Musset seraient peut-être fiers de se reconnaître sous ces habits à la mode qui rajeunissent leur silhouette...  Un index permet, par la multiplicité des mots-clés, de retrouver ces allusions déformées.

La Naissance interdite, Histoire de la stérilité, de la contraception et de l'avortement au moyen âge, Editions Olivier Orban, 1988.

    Une reine est répudiée pour avoir eu des relations sexuelles avec son frère : connue "à la manière des hommes", entre les cuisses, elle n'en aurait pas moins conçu et aurait pris une potion abortive... Dès le IXe siècle, le di-vorce de Lothaire et de la reine Teutberge pose les principaux problèmes qui hanteront le moyen âge. Inceste, contraception élémentaire par posi-tions interdites, avortement criminel, impuissance du mari par maléfice... L'Eglise se montre particulièrement sévère pour tout ce qui souille un sacrement (le mariage) et enlève une âme à la vie éternelle.

    Pourtant, on est étonné de l'extraordinaire richesse des recettes qui nous ont été conservées. Par centaines, les plantes (censées) contraceptives remplissent les traités de médecine écrits cependant par des clercs, hauts dignitaires parfois de l'Eglise. Le traité le mieux documenté et le plus expli-cite est l'oeuvre d'un médecin pontifical, Pierre d'Espagne, qui deviendra pape lui-même sous le nom de Jean XXI. L'avortement ? Il est interdit, bien sûr, mais si mollement. Juridictions civiles et ecclésiastiques sont enclines à la clémence, souvent même curieusement désarmées devant le phénomène. Le roi ne se fait pas trop prier pour accorder des lettres de rémission...

    Quant à la stérilité, si elle n'est guère mieux soignée au moyen âge que dans l'antiquité ou à l'époque classique, la malédiction qu'elle entraî-nait dans la société hébraïque a été levée, la répudiation possible dans les sociétés germaniques disparaît, la méconnaissance de la stérilité masculine par la médecine romaine fait place à un plus juste partage des responsabi-lités... La femme stérile n'est jamais seule face à l'adversité.

    A travers la littérature, les traités médicaux, les coutumes juridiques, les sommes ecclésiastiques, une autre image du travail sur la naissance se profile à une époque que l'on croit trop soumise à la dictature religieuse. Une autre image de la femme, aussi, à qui l'on reconnaît, pour la première et dernière fois dans l'histoire de la sexualité, le droit au plaisir. Et peut-être une autre image du bonheur...

Histoire de la pudeur, Olivier Orban, 1986; Plon Perrin, 1999; Hachette (coll. Pluriel), 1997
Pudeur   Si grande était la "pudicité" de l'empereur Maximilien qu'il se retirait seul sur sa chaise percée, "sans se servir de valets de chambre, ni de pages." Si grande celle d'Isabelle de Castille, qu'elle mourut d'un ulcère qu'elle n'avait pas voulu montrer : il fallut même lui administrer l'extrême-onction sous les draps, puisqu'elle ne voulait pas laisser voir ses pieds. Et que dire d'Anne d'Autriche, qui fit détruire plus de cent mille francs de tableaux "indécents"; de Louis XIII, qui barbouillait les fresques de sa chambre; de Mazarin, qui mutilait les statues ?

À l'opposé, que dire de la baronne de Montreuil-Bellay, qui demandait à un de ses vassaux, quand elle se rendait chez lui, de la porter sur ses épaules là où lui-même allait à pied et de lui tendre, le moment venu, la mousse qui tenait lieu de papier ? Que dire d'un roi qui recevait ses courtisans sur sa chaise d'affaire, et qui demandait qu'au théâtre les sauvages fussent "habillés comme s'ils étoient presque nuds" ?

Ces exemples nous invitent à étudier la pudeur dans une perspective qui n'a pas encore été exploitée : sa dimension historique. Elle permettra de fournir d'autres réponses aux éternelles questions : quels sont les rapports entre pudeur corporelle et pudeur des sentiments ? Y a-t-il une pudeur féminine et une pudeur masculine ? Pourquoi rougit-on de sa nudité ? Et d'abord, qu'est-ce que la pudeur ?
 

Ecrit en la secrète , Apologues, Les Eperonniers, 1992,  Photos de Philippe Ruelle, Préface de Werner Lambersy

"Ecrire en la secrète : Sceller du sceau secret." L'usage d'un sceau principal s'étant lui-même perdu, la secrète n'a sans doute plus de raison d'être... Sinon celle de désigner aux amis - tout lecteur ne l'est-il pas ? - les écrits qui viennent du fond du coeur. Tels sont ces apologues.

"Petite fable visant essentiellement à illustrer une leçon morale", hasarde Robert. "Allégorie comportant un enseignement de caractère souvent moral", surenchérit Larousse. Tout est dans "essentiellement" et dans "souvent". Si, selon la définition, cette fois, de La Fontaine, "le corps est la fable, l'âme est la moralité", ces apologues se veulent résolument charnels. Ils sont nés du simple plaisir de conter, de débrider un instant l'imagination entre deux voyages dans un gros livre. Petites explosions de joie intellectuelle ou sensuelle, qui sont au roman ce que la miniature est au tableau. Portrait d'un être cher caché au fond d'une tabatière, cinq sous de Lavarède ou, tout simplement, galet nacré ramassé sur la plage et enfoui dans une poche, ils n'ont d'autre ambition que l'éclair d'un moment, le sourire fugace.

Alors, la morale ? Pas d'index levé - ni d'auriculaire - peut-être le pouce, pour ne pas garder la main fermée. Mais écrire n'est jamais gratuit, et l'explosion, même de joie, peut blesser. Il n'y a pas de leçon prédigérée à retirer de ces apologues. Leur éclair n'est pas celui de Dieu écrivant d'un doigt de feu les commandements du Sinaï, mais celui du photographe qui révèle dans l'obscurité le visage de qui le regarde. Leur voix n'est pas la brillante sonate dont les milliers de notes s'évanouissent au sortir du piano, mais le son isolé d'une cloche qui résonne longuement dans un vallon retiré. Leur appel n'est pas une porte large comme un chas d'aiguille, mais une clé qui s'adapte à chacun de nous. L'Evangile les aurait appelés paraboles; le moyen âge, exempla; la Renaissance, emblèmes; l'âge classique, fables... Chaque époque a senti le besoin de courts textes symboliques à portée morale. La différence, c'est que ces apologues ne contiennent pas une morale, mais autant de morales qu'ils compteront de lecteurs. Et chacun d'eux se sent près à accueillir mille milliards de morales.

Le dit des béguines, Plon, 1993. Bourse Thude Monnier de la S.G.D.L., 1993.

Il est étrange, cet oiseau. De mémoire d'homme, on n'en a jamais vu de pareil. Ses apparitions mystérieuses intriguent, et focalisent les fantasmes de chacun : pour les uns, c'est une figure du Christ; pour les autres, un émissaire du diable; pour le sceptique, un oiseau exotique perdu par un jongleur; pour le mystique, la renaissance perpétuelle de l'espoir mis à mort par l'hydre humaine.

Reste que depuis qu'il est apparu à Saint-Aubain, en mars 1176, les malheurs ne cessent de s'amonceler. Ils ont même une propension à se concentrer sur la famille de Jehanne... Alors, tout le monde, dans la région, se pose la même question : qu'a-t-elle fait pour mériter ces châtiments divins ? Pourquoi, aussi, Lambert le Bègue, accusé d'hérésie mais évadé de Revogne, s'est-il réfugié dans la bourgade ? Songe-t-il déjà à fonder ces "béguinages" qui porteront son nom, ces petites communautés mi-laïques, mi-religieuses ? Accueilli par son ancien maître Evrard, il est accompagné d'un disciple exalté, Guy, qui veut connaître tout de suite, même au prix de la mort, la sainteté à laquelle il se sent appelé. Et si tous étaient porteurs, chacun à sa manière, de l'oiseau blessé qui hante les esprits ?

Ce roman de Jean Claude Bologne, au delà du romanesque de l'histoire, est surtout l'étude de Liège à la fin du XIIe siècle. A travers un personnage caractéristique - Lambert le Bègue, revendiqué comme fondateur par les béguines liégeoises - il montre les réactions d'une société en état de crise face à une évolution trop rapide de l'Histoire. Le problème de la principauté de Liège, majoritairement francophone mais dans la mouvance de l'empire germanique, est abordé, mais surtout celui de la multiplication de mouvements évangélistes ou hérétiques, l'apparition de nouvelles formes de piété qui provoque une crise religieuse, grave et dramatique.

A travers les problèmes d'une société en gestation, on retrouve ceux de notre temps. Dans un village imaginaire d'Ardenne, Saint-Aubain, ou dans une grande ville d'Empire comme Liège, les angoisses et les problèmes sont les mêmes. Techniques nouvelles, floraison d'idées hardies, corruption des dirigeants, peur du lendemain... Et les réactions semblables : émergence d'hommes neufs qui ont traversé la mort pour ressusciter le futur, ou repli frileux sur une communauté riche au moins de sa chaleur animale.

Et si l'espoir et la peur s'incarnaient en deux animaux mythiques, l'Oiseau blessé et l'Hydre humaine, échappés au mystérieux Livre de la destinée ? L'espoir : l'homme de la ville, Lambert, et la femme délivrée du village, Jehanne, émergent de la confusion générale. Ensemble, ils fondent de petites communautés mi-laïques, mi-religieuses, qui deviendront les béguinages. Mais l'hydre humaine née avec l'oiseau de l'espoir exige aussi son tribut : Guy, l'éternel adolescent hésitant devant les choix fondamentaux de la vie. Jehanne, en quête de l'oiseau; Guy, fasciné par l'hydre : les deux disciples ne savent pas qu'ils font partie du même Livre...

Histoire du mariage en Occident, Ed. J.C. Lattès, 1995, Hachette, coll. Pluriel, 1999.
Mariage   Depuis quelques années, les "valeurs traditionnelles" sont à la mode, qu'on déplore leur perte ou qu'on s'en réjouisse. Après "l'année de la famille" proclamée par l'O.N.U. en 1994 et quelques encycliques pontificales, il est temps de faire le point sur une des plus vieilles institutions du monde chrétien, le mariage. Celui-ci ne peut être abordé que dans une perspective historique. La rupture est particulièrement significative entre les conceptions antique et chrétienne en ce domaine : unification des différents types de mariage, interdiction de l'union libre, du mariage mixte, du divorce, confusion entre célibat et virginité, sacralisation du mariage... À tel point qu'on peut se demander si la crise actuelle affecte le mariage en soi ou sa conception chrétienne. Des solutions abandonnées depuis des siècles ressurgissent spontanément. D'ailleurs, l'unité du mariage chrétien apparaît moins dans une perspective historique. La "crise" actuelle, qui se traduit par une baisse constante du nombre des mariages, apparaît donc moins comme un abandon de certaines valeurs que comme leur adaptation aux mentalités actuelles.

Or, pour analyser cette évolution, les bons outils sont rares et anciens. L'histoire du mariage a surtout fait l'objet d'études partielles et spécialisées, soit dans une époque (le XIIe siècle avec G. Duby, le XVIIIe avec A. Fillon...), soit dans un domaine (le mariage canonique, le mariage civil, les coutumes matrimoniales...). Il manquait un ouvrage qui donne de cette évolution une vue d'ensemble et accessible à un large public. Ce livre entend aborder tous les aspects du mariage : les rites civils ou religieux, les coutumes folkloriques, la législation et la juridiction ecclésiastiques ou séculières, les rapports entre mariage, sexualité et amour, les réalités sociales (transmission du fief, dot, mariages clandestins...), les interdits (empêchements, annulation, divorce, union libre...). S'appuyant sur des textes anciens comme sur les travaux sérieux des historiens actuels, il propose des analyses claires qui évitent autant que faire se peut le vocabulaire technique pour rendre accessibles à tous les publics des réalités parfois complexes. Sans entrer dans la polémique, il montre comment, à toutes les époques de notre histoire, le mariage a été un miroir fidèle de la société. Le livre se limite à la société européenne (essentiellement française à partir du XVIe siècle) depuis les débuts du christianisme.
 


Requiem pour un ange tombé du nid, roman, Fayard, 2001.
Requiem  L'idée à l'origine de ce roman était de construire un roman policier à l'envers : au lieu de chercher le coupable, le lecteur serait invité à rechercher la victime. J'ai choisi un milieu fermé, celui de cadres dans la filiale française d'une multinationale informatique. Une mort inexpliquée survient dans le service et la famille en attribue la responsabilité à l'équipe. L'année 1999-2000, dans laquelle se noue le drame, nous est connue par les souvenirs lointains d'un collègue victime d'un accident cérébral, et qui a du mal à reconstituer ses souvenirs, et par des extraits d'un roman qu'un autre a consacré à l'affaire, en changeant les noms des protagonistes. C'est dans le jeu entre les deux écritures et les deux séries de nom que le lecteur est convié à retrouver la victime et à reconstituer l'affaire.

Mais s'il y a eu responsabilité collective, il n'y a pas eu meurtre au sens judiciaire, et c'est dans l'ambiance du bureau que réside la clé. J'ai donc commencé dans l'esprit d'un roman de mœurs, qui tente de reconstituer l'esprit d'une équipe soudée autour de certains rites, comme les surnoms, les signes de reconnaissance, la place dans les réunions, les "pots" fêtant les promotions, les départs, les arrivées... Petit à petit, on se rend compte que cet univers finit par envahir le quotidien de ces jeunes gens qui se veulent dynamiques : ils restent de plus en plus de temps au bureau, n'ont pas le temps d'entretenir une vie sentimentale stable, sortent de plus en plus entre collègues, partent en vacances et vont au concert dans le cadre du comité d'enteprise, se constituent une culture commune qui leur tient lieu de vie. L'arrivée d'Internet, qui pour les plus jeunes mobilise le rare temps libre qui leur reste, achève de les déconnecter du monde et de les enfermer dans un univers factice, ou virtuel. Il y a donc une satire amusée de cet univers ludique, virtuel, dans lequel nous vivons de plus en plus tout en proclamant la suprématie du réel.

Un seul tente de conserver un pied en dehors du bureau, et sucite envie et admiration chez ses collègues. Mais lui non plus n'échappe pas à la nécessité de construire son univers, aussi factice que celui du bureau. Le roman s'interroge donc sur les limites entre la réalité et la convention : la réalité existe-t-elle ? Est-elle supportable sans la reconstruction que nous en faisons ? C'est cela, l'ange qui aide chacun à vivre : une image forte à laquelle on croit comme à Dieu, mais qui n'a pas plus de réalité concrète. Ce n'est pas un petit enfant avec des ailes, mais ça peut être une idée forte. Pour le groupe, c'est l'entreprise, un concept impersonnel auquel ils ont tout sacrifié et qui existe parce qu'ils y croient. Pour celui qui veut y échapper, c'est une femme qu'il a idéalisée, et peut-être même inventée de toutes pièces, mais qui lui donne une personnalité qui lui manque par ailleurs. Lorsque ces anges tombent du nid, c'est comme si la vie n'avait plus de sens, le réel n'a plus d'âme, et l'on peut en mourir. Le coupable est celui qui a tué l'ange.

Pour un écrivain, l'ange est la certitude qu'on est le meilleur de sa génération — sinon, quelle outrecuidance de convertir des arbres en papier, de voler le temps des critiques et des lecteurs, si l'on croit n'avoir écrit qu'une œuvre secondaire ! Et l'on peut aussi mourir de voir notre ange tomber du nid lorsqu'on nous fait rL'idée à l'origine de ce roman était de construire un roman policier à l'envers : au lieu de chercher le coupable, le lecteur serait invité à rechercher la victime. J'ai choisi un milieu fermé, celui de cadres dans la filiale française d'une multinationale informatique. Une mort inexpliquée survient dans le service et la famille en attribue la responsabilité à l'équipe. L'année 1999-2000, dans laquelle se noue le drame, nous est connue par les souvenirs lointains d'un collègue victime d'un accident cérébral, et qui a du mal à reconstituer ses souvenirs, et par des extraits d'un roman qu'un autre a consacré à l'affaire, en changeant les noms des protagonistes. C'est dans le jeu entre les deux écritures et les deux séries de nom que le lecteur est convié à retrouver la victime et à reconstituer l'affaire.

Mais s'il y a eu responsabilité collective, il n'y a pas eu meurtre au sens judiciaire, et c'est dans l'ambiance du bureau que réside la clé. J'ai donc commencé dans l'esprit d'un roman de mœurs, qui tente de reconstituer l'esprit d'une équipe soudée autour de certains rites, comme les surnoms, les signes de reconnaissance, la place dans les réunions, les "pots" fêtant les promotions, les départs, les arrivées... Petit à petit, on se rend compte que cet univers finit par envahir le quotidien de ces jeunes gens qui se veulent dynamiques : ils restent de plus en plus de temps au bureau, n'ont pas le temps d'entretenir une vie sentimentale stable, sortent de plus en plus entre collègues, partent en vacances et vont au concert dans le cadre du comité d'enteprise, se constituent une culture commune qui leur tient lieu de vie. L'arrivée d'Internet, qui pour les plus jeunes mobilise le rare temps libre qui leur reste, achève de les déconnecter du monde et de les enfermer dans un univers factice, ou virtuel. Il y a donc une satire amusée de cet univers ludique, virtuel, dans lequel nous vivons de plus en plus tout en proclamant la suprématie du réel.

Un seul tente de conserver un pied en dehors du bureau, et sucite envie et admiration chez ses collègues. Mais lui non plus n'échappe pas à la nécessité de construire son univers, aussi factice que celui du bureau. Le roman s'interroge donc sur les limites entre la réalité et la convention : la réalité existe-t-elle ? Est-elle supportable sans la reconstruction que nous en faisons ? C'est cela, l'ange qui aide chacun à vivre : une image forte à laquelle on croit comme à Dieu, mais qui n'a pas plus de réalité concrète. Ce n'est pas un petit enfant avec des ailes, mais ça peut être une idée forte. Pour le groupe, c'est l'entreprise, un concept impersonnel auquel ils ont tout sacrifié et qui existe parce qu'ils y croient. Pour celui qui veut y échapper, c'est une femme qu'il a idéalisée, et peut-être même inventée de toutes pièces, mais qui lui donne une personnalité qui lui manque par ailleurs. Lorsque ces anges tombent du nid, c'est comme si la vie n'avait plus de sens, le réel n'a plus d'âme, et l'on peut en mourir. Le coupable est celui qui a tué l'ange.

Pour un écrivain, l'ange est la certitude qu'on est le meilleur de sa génération — sinon, quelle outrecuidance de convertir des arbres en papier, de voler le temps des critiques et des lecteurs, si l'on croit n'avoir écrit qu'une œuvre secondaire ! Et l'on peut aussi mourir de voir notre ange tomber du nid lorsqu'on nous fait remarquer que notre génération est pleine d'auteurs qui se croient les meilleurs.

Le mysticisme athée, essai, Le Rocher, 1995.

Avec la fin des idéologies et l'essoufflement des dogmes religieux, notre époque vit plus que jamais l'écartèlement entre corps et âme, matérialisme et spiritualité, quête du plaisir ou du salut. On en connaît les excès, de la surconsommation à l'attrait dangereux pour les sectes. Pourtant, des ponts de plus en plus nombreux sont jetés entre les deux factions. Le mysticisme est un de ceux-là.

Expérience intérieure, mais vécue avec toute la violence d'une sensualité exacerbée, le mysticisme a gêné les religieux, plus soucieux d'un Dieu désincarné et habiles à lire leurs mystiques selon "les exigences d'une saine théologie" (sic). Même gêne chez les athées, qui prétendent s'en tenir à un matérialisme pur et dur. Pourtant, derrière le mot "Dieu", il y a l'absolu, l'infini, que l'athée peut concevoir aussi bien que le croyant. Mis au contact de cette réalité essentielle, il peut connaître le même type d'extase. Son véhicule ne sera pas la religion, mais l'art, la communion avec le monde, la création, un bouleversement intérieur...

Le livre part d'une expérience, à la lumière de laquelle l'auteur a relu les mystiques chrétiens médiévaux et les créateurs athées modernes. Les premiers ont découvert un domaine dont Dieu (le Dieu des théologiens) semble curieusement absent : ils "l'oublient", s'en "désencombrent", s'en "libèrent", et les athées peuvent les suivre sur ce terrain. Quant aux auteurs modernes, ils exploitent sans le savoir les mêmes thèmes que les mystiques médiévaux : le vide intérieur, la liberté absolue, la quête de l'unité, la communion cosmique, l'extase... Les rapprochements sont significatifs.

Ce livre ne se veut pas un manifeste, mais un témoignage qui parlera à ceux qui ont vécu la même expérience, et la recherche de racines qui donnent des références athées à un mysticisme trop souvent résumé à ses engagements religieux. Un appel à dépasser la vieille dichotomie entre corps et âme.
 

Sans témoins, roman érotico-théologique, Editions Zulma, 1996
Sans témoins Dans les Chants de Maldoror , Lautréamont évoque les plaintes d'un bâton oublié dans un bordel - en fait, un cheveu du Créateur venu se débaucher parmi ses créatures. Personne n'avait raconté cette nuit. L'auteur sait de source sûre qu'il l'a partagée avec Thérèse d'Avila. L'érotisme de l'extase mystique est une tradition bien ancrée dans le christianisme comme dans toutes les religions.

Mais la religieuse n'est-elle pas officiellement mariée au Christ ? Cet adultère avec le Père n'est-il pas de nature à semer la discorde au sein de la Trinité ? Le Créateur l'apprendra aux dépens de ses "témoins" - testis , en latin, signifie à la fois "témoin" et "testicule". Une vieille théorie allègrement racontée par d'austères théologiens médiévaux nous apprend que les testicules tordus que le Père tente de soigner par tous les onguents de Vénus sont l'apanage de l'Antichrist. Et nous voilà en pleine guerre des dieux. Le Christ, soutenu par son armée (les jésuites), fait la chasse aux testicules paternels, tandis que le Père, allié dans son exil aux dieux antiques, tente de restaurer une religion moins... castratrice. La bataille durera cent ans et ne s'achèvera qu'en mai 1968.

Entre-temps, on aura expliqué bien des dessous de l'histoire, de l'émergence du léninisme à l'est à celle des golden-boys à l'ouest. On aura assisté à d'épiques orgies entre dieux, dans une crypte reconvertie ou dans une papymobile endiablée. On se sera demandé, plus gravement, si la castration des créateurs n'est pas un phénomène culturel de notre époque auquel il serait temps de réagir...
Blasphématoire ? Oui, si le blasphème est bien le "présage d'une nouvelle naissance", comme le veut son étymologie (du grec blastos , "bourgeon", et phêmê , "présage")... Dans l'affrontement de deux mondes naît un troisième - le nôtre, si nous le voulons. Et dans cette querelle intime entre le Père et le Fils, la troisième personne de la Trinité reste sagement absente. Car "tout péché ou blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas remis."

Histoire des cafés et des cafetiers, Larousse, 1993
 
cafés  Des premiers vendeurs ambulants de la foire Saint-Germain à notre moderne "café-bar-brasserie"; du café à la française, où brille la conversation, en passant par le "café splendide" du siècle dernier, où la bourgeoisie se montre, jusqu'au récent "café du commerce", baromètre politique de plusieurs Républiques, l'histoire des cafés est à la fois riche, passionnante et multiforme. Depuis l'apparition des premiers établissements en Europe (Oxford, 1650, Paris, 1671), qui correspond à l'introduction du grain de café au milieu du XVIIe siècle, jusqu'à nos jours, le café s'impose comme le dénominateur commun des mentalités, des mœurs, des goûts, d'une sociabilité française et européenne en évolution constante.

Le club en Angleterre, la brasserie en Allemagne, la bottega da caffè en Italie, le bistrot en France, le bar américain sont autant d'aspects d'un même sujet, quasi mythique au point de fasciner peintes, photographes, écrivains et poètes et d'intéresser les architectes, des émules de Viollet-le-Duc à Christian de Portzamparc, du café Riche au café Beaubourg.

Mais l'histoire des cafés ne serait pas complète si elle n'était pas aussi celle des cafetiers, celle de la dame de comptoir au XVIIIe siècle, celle du garçon de café au XXe siècle, dont le type légendaire a été immortalisé par Sartre.

Naturellement, cette Histoire des cafés et des cafetiers  de Jean Claude Bologne accorde une place de premier plan à l'image et à son commentaire iconographique. Plus de 400 documents, dont 150 en couleurs, en provenance de plus de 10 pays illustrent en effet ce volume, également enrichi d'un index des noms de cafés cités et d'une bibliographie

Le secret de  la sibylle, roman, Editions du Rocher, 1996

La sibylle ? Une vieille légende qui ne nous concerne plus. C'est ce que pensait Daniel, jeune représentant fier de sa réussite. Même sa femme est devenue "confortable". Mais la peur entre chez lui le jour où il achète une miniature médiévale symbole de son ascension sociale. Tous les collectionneurs de feuillets arrachés au même manuscrit ont été cambriolés de manière inexplicable. Soupçonné de complicité, le voilà contraint d'enquêter de son côté, aidé par le détective d'une compagnie d'assurance et l'inspecteur chargé de l'enquête.

Un univers étrange se révèle à eux, celui d'un manuscrit aux mystérieux pouvoirs, enluminé selon des techniques empruntées aux grimoires médiévaux. La légende de la sibylle, qui a brûlé les livres de la sagesse faute d'en obtenir un bon prix, s'incarne sous leurs yeux : c'est désormais sur ces livres détruits que va se focaliser leur quête. Obsédé par sa miniature et par son angoisse, Daniel ne voit pas sa femme s'éloigner de lui, puis le quitter. Son effort pour la rejoindre va le transformer profondément.

Mais les deux quêtes - celle de la sibylle mythique et celle de la femme perdue - ne sont-elle pas étroitement liées ? La sibylle n'est-elle pas d'abord la voix qu'on n'a pas voulu écouter en nous... et celle de la femme partie parce qu'on ne l'entendait plus ? Pour entendre cette voix résonner en lui, Daniel devra parvenir au vide intérieur, d'abord par l'expérience brute du néant, puis en traquant toutes les peurs que la société moderne a mises en lui. Quand il sera réconcilié avec lui-même, il sera prêt a rencontrer "sa" sibylle... qui lui réservera d'autres surprises.

Sur le modèle des romans initiatiques, mais prenant ses distances avec l'ésotérisme nébuleux qui encombre les bazars de la spiritualité, ce récit voudrait rappeler la dimension mythique des grandes questions que se pose la société moderne. Confrontés à des contes initiatiques, les trois personnages, qui évoquent les trois aspects fondamentaux de l'homme (corps, âme, esprit), vont chercher en eux-mêmes à formuler les questions et à définir les réponses. Ils découvrent que la vérité n'est qu'un grand livre blanc que chacun doit récrire à son usage.

Voyage autour de ma langue, essai sur la langue française, Belles Lettres, 2001
Voyage  Nous habitons notre langue. Nous l'avons aménagée selon nos besoins, nos émotions, nos habitudes. Si, parfois, nous la violons, nos relations avec elles sont essentiellement du domaine de l'amour, et de la jalousie. "Je connais ma langue", rétorque-t-on volontiers à quelqu'un persuadé de connaître la sienne...
Ce livre est avant tout celui de ma langue et sa présentation tient de la visite : les meubles en sont les structures fondamentales, les habits en sont les modes qui en changent momentanément l'apparence. J'aime choisir mes mots dans la garde-robe du vocabulaire, les conjuguer dans le lit (conjugal !) de la syntaxe, vêtir ma langue, au gré des modes, d'anglicismes (ses duffle-coat ), de mots savants (ses uniformes) ou de néologismes féminisés (ses jupes-culottes).
Mais peut-on être jaloux de sa langue ? Elle appartient d'abord à tous ceux qui l'aiment. Ses amants sont mes invités et m'enrichissent au moins des réflexions que suscite une autre pratique. Langue bradée ou langue sacrée, le français reste d'une étonnante vitalité à une époque où des esprits chagrins le croient à bout de souffle.
Ce livre se veut donc une promenade mi-sérieuse, mi-plaisante, dans l'usage actuel du français, usage personnel ou usage collectif. Le bonheur du lecteur devant de belles trouvailles, l'enthousiasme de l'écrivain aux prises avec sa langue, tempèrent la prudence de l'historien qui la regarde évoluer ou l'agacement du professeur qui dort en chacun de nous.

 
Sherlock Holmes et le secret des lettres, récits, Le Rocher, 2002
Holmes Ce livre reprend trois nouvelles, dont deux parues aux éditions du Rocher sous le titre Le Chanteur d'âme (1997) et Le Testament de sable (2001).C'est en hommage aux personnages de Conan Doyle, mais surtout sur des thèmes qui me sont chers depuis mes premiers livres, que j'ai conçu ces trois récits à mi-chemin entre le pastiche et le conte initiatique. J'ai toujours été fasciné par les couples de personnages (Holmes / Watson; don Quichotte / Sancho Pança...) qui résument la dualité de notre monde moderne : une intelligence supérieure, ou un idéaliste méprisant les valeurs matérielles, et un bon vivant. A ce couple corps / âme, le moyen âge, qui m'a formé intellectuellement, ajoutait une troisième dimension : l'esprit. Comment incarner cet "esprit", quand on revendique, comme moi, son athéisme ? A travers un poète, qui ne réduit pas son inspiration à l'intelligence ni aux sens corporels. J'ai donc voulu confronter les célèbres détectives à des poètes français de leur temps : Cros, Lautréamont, Rimbaud, Jarry...

Le Chanteur d'âme.

Prenez un cerveau parfait comme celui de Sherlock Holmes; ajoutez-y un médecin, le docteur Watson. Vous obtenez un duo d'une efficacité éprouvée pour résoudre les affaires criminelles classiques. Corps et âme, matière et esprit. Que leur manque-t-il ? Le petit grain de folie, de poésie, qui transforme en quête leur enquête. C'est ce que j'ai voulu leur donner grâce à un troisième larron, Charles Cros, poète et génial inventeur mort en 1888 à l'époque où Holmes commence à faire parler de lui. À eux trois, ils perceront le mystère le mieux gardé de la diplomatie vaticane : pourquoi une équipe de cardinaux est-elle prête à tout pour retrouver les tessons de mystérieux vases contemporains du Christ ? Sur les pas d'un garde suisse terrorisé par le secret dont il est malgré lui dépositaire, sur les traces d'un potier légendaire témoin d'une révélation inconnue, ils se retrouveront face à eux-mêmes dans un monastère en ruines de la mer Morte.

Le Testament de sable.


Au retour de leur expédition en Terre sainte, Sherlock Holmes raconte au docteur Watson comment il a rencontré Charles Cros, qui appartenait à la même confrérie que Lautréamont, celle des Terminateurs. Cet ordre spirituel possède certains livres d'une nature particulière qui, sous l'étiquette générique de "Testament de sable", sont transmis de génération en génération, peut-être depuis les paroles inscrites par le Christ sur le sable dans l'épisode de la femme adultère. Mais l'exemplaire de Lautréamont contenait des informations sulfureuses sur la famille impériale russe, et les services secrets du tsar sont prêts à tout pour le récupérer. Il a été déposé dans un couvent de la région parisienne, où se noue alors une étrange affaire...

L’arpenteur de mémoire, Fayard (coll. Alter Ego)
Arpenteur C’est dans le cadre d’une collection d’autobiographie fictive  que j’ai écrit ce roman : quel personnage aurais-je été à une autre époque ? Pour le médiéviste, pas de doute : c’est au XIIe siècle que je serais né. Pour l’athée, naître dans un monde totalement chrétien, c’est partir à la quête de Dieu à travers le monde... et en soi-même. Mon narrateur, aidé de son écuyer, a l’idée de tracer vers l’infini deux sillons parallèles avec l’espoir qu’ils se rapprochent et se rencontrent. Mais s’il croit arpenter un monde médiéval, plat jusqu’à l’abîme entourant l’Océan, le lecteur moderne, au contraire, identifie des continents que le voyageur ne peut connaître. On se rend compte qu’en allant droit devant lui, sur une terre sphérique, il reviendra sur ses propres pas. Mais transfiguré : celui qui ne regardait que son sillon à son départ a appris à s’ouvrir au monde, et aux autres. En même temps, j’ai voulu que ce voyage initiatique se situe à l’intérieur de lui-même, des pieds à la tête, parce qu’on ne peut s’ouvrir à l’autre sans se connaître soi-même. Et si Dieu, c’était l’autre ?

Le frère à la bague, Le Rocher, 1998. Poche : Labor, 2006.

"J'ai deux fils qui sont tous deux fous, l'un fou de dévotion et l'autre fou pour les vers et pour le théâtre", disait François Arouet, petit notaire devenu receveur alternatif et triennal des épices, vacations et amendes de la Chambre des Comptes à Paris.

Le cadet, François-Marie, entrera dans l'histoire sous le nom de Voltaire. Quant à l'aîné, Armand, il prend sagement la succession de son père comme trésorier de la Chambre des Comptes. Il passe toute sa vie dans son logis de fonction, dans le Palais de la Cité, face à la Sainte-Chapelle. Et il se perdra à jamais parmi les anonymes de l'histoire.

Sa folie de la dévotion ? Après un passage rapide au séminaire, il semble l'avoir oubliée. Pourtant, lorsqu'en 1732 éclate l'affaire des convulsionnaires de Saint-Médard, elle l'enflamme à nouveau pour ces mystiques et ces escrocs qui accomplissent de spectaculaires miracles sur le tombeau du diacre Pâris. Et lorsque l'autorité civile intervient, ferme le cimetière de Saint-Médard et pourchasse les convulsionnaires, Armand leur ouvre les portes de son hôtel.

Dans le Palais de la Cité ont alors lieu les séances les plus surprenantes, guérisons inouïes, lévitation, insensibilité au feu ou aux coups d'épée... Le receveur des épices signe de sa main les comptes rendus déposés devant notaire, tandis que son frère Voltaire se répand en bons mots et épigrammes contre le fanatisme.

Comment est vécue cette étrange fraternité entre le philosophe et le dévot ? Très mal, bien sûr. Voltaire est l'élève des jésuites; Armand des jansénistes. L'un se prétend fils d'un poète qui séduisit la belle notairesse; l'autre est le digne héritier d'un père despotique et brutal. L'un renie son nom et s'adonne aux lettres; l'autre assure la survivance d'une charge dévolue aux chiffres. L'un court de femme en femme et de logis en logis; l'autre se replie, célibataire endurci, sur l'hôtel familial. L'un cherche la reconnaissance de l'histoire; l'autre, celle de son temps.

Mais de ces deux fous en quête d'un ciel différent, qui est la nuit et qui le jour ? Pourquoi, s'ils se haïssent si cordialement, éprouvent-ils le besoin de convaincre, de sauver l'autre ? Pollux, dit-on, partagea son éternité de dieu avec son jumeau Castor, fils d'un mortel et voué à la mort. C'est cette fascination pour un monde qui contredit point par point le nôtre que j'ai voulu évoquer en ressuscitant ce couple. C'est en sondant l'enfer de l'autre que chacun va reconnaître le sien. La dénonciation va alors faire place à une interrogation angoissée sur l'éternité, le temps, la mémoire.

À partir des maigres traces laissées par Armand Arouet dans l'histoire, du volumineux dossier des convulsionnaires et de la pléthorique documentation sur une époque riche en bouleversements, j'ai tenté de composer un portrait qui aujourd'hui encore puisse nous poser les questions essentielles.

Les sept vies de maître Eckhart, Le Rocher, 1997.


Qu'est-ce qui peut fasciner un athée dans le discours de maître Eckhart, théologien allemand (1260-1327) ? Sa mystique du néant a réveillé des échos très personnels d'expériences adolescentes. Mais il n'était pas question de dénaturer une fois de plus une pensée déjà bien sollicitée par les commentateurs. J'ai voulu au contraire la restituer dans son époque, dans le contexte historique, social, culturel, spirituel qui explique la vie et l'œuvre du dominicain.

"Il sembla en rêve à un homme qu'il était gros de néant comme une femme est grosse d'un enfant, et dans ce néant, Dieu naquit : il était le fruit du néant, Dieu était né dans le néant."

La mystique du néant a atteint un sommet en Occident avec maître Eckhart, à la rencontre de la tradition extatique grecque et de la tradition latine, plus tournée vers l'introspection. Sans doute est-ce ce qui explique le succès de sa pensée dans le monde moderne, fasciné par l'Orient mais attaché à la pensée occidentale. Devant la récupération dont il fait l'objet, il est important de le restituer dans son cadre historique.

Maître Eckhart, pour qui la béatitude réside dans la connaissance et non dans l'amour, nous invite aussi à réhabiliter l'intellect après trois siècles de cartésianisme. Loin de la raison analytique qui dissèque au risque de perdre le sens au profit de significations parcellaires, "le connaître intellectif, selon lui, procède en épurant et parvient jusqu'à l'étance de la chose dans sa nudité." Il conduit à une connaissance pure et unique, plutôt qu'à un savoir morcelé. Cette biographie spirituelle montre comment sa pensée est étroitement dépendante de la théologie, de la science et de la mystique de son époque.

L'Homme-fougère, roman, Fayard, 2004.
Homme fougère            Peut-on vivre sans son passé ? Le narrateur, Louis Lefebvre, en est convaincu, d'autant que le sien est plutôt encombrant. Mais lorsqu'un inconnu l'aborde et lui propose de lui racheter sa mémoire à prix d'or, le doute s'insinue en lui. Pourquoi tout cet argent pour quelque chose d'aussi inconsistant que des souvenirs somme toute bien banals ? Est-il possible, de s'en débarrasser en les vendant ? De détruire, comme on réinitialise un disque dur, la mémoire involontaire ? C'est son corps, tout à coup, qui se rebelle : lui aussi a gardé trace du passé.
          Et lorsqu'il se retrouve mêlé au meurtre d'un autre inconnu intéressé par son passé, Louis comprend que sa mémoire est devenue l'enjeu d'un conflit d'intérêts sans merci. Il s'effraie. Le monde, dont il ne s'est jamais vraiment préoccupé, éclate de toute part. Il se voit pris dans un réseau international de terrorisme et de contre-espionnage. Comment sa vie a-t-elle soudain interféré avec le cours du monde ? Le meurtre prend alors une autre dimension : se débarrasser du passé, c'est assassiner le futur. Et Louis Lefebvre est en cela emblématique d'un monde qui, en se coupant de sa mémoire, ne parvient plus à construire son avenir.
          Sous les dehors d'une enquête policière, c'est une réflexion sur l'enfermement d'un homme et du monde dans un présent réduit à la pointe de l'instant que décrit ce roman. Comme la flèche qui n'a pas de raison d'être sans un arc et sans une cible, Louis se retrouve suspendu dans un temps figé, immobile. Sans le savoir, il est devenu le premier personnage fractal de la littérature !

Le marchand d'anges, contes, Le Grand Miroir, 2008.

Marchand d'anges Et vous, comment changeriez-vous le monde ? Jehan, sur le chantier des cathédrales, taille la pierre de joie, la pierre de douleur. Mais peut-il sculpter la pierre de vie ? Les enfants qui croient aux anges les promènent comme des ballons, mais que se passerait-il s’ils venaient à leur donner vie ? Les personnages de conte peuvent donner forme au néant, mais ils ne le maîtrisent pas toujours. Les forces déchaînées risquent de nous dépasser. Les créatures évoquées finissent par s’incarner. Les martiennes nymphomanes affolent les confesseurs, les momies dépecées réinvestissent d’autres corps, et le roi qui peut-être n’a jamais existé règne plus sûrement dans tous les cœurs. La frontière entre la réalité et le réel est vite franchie, et il n’y a pas de carte routière pour se repérer au pays de l’imaginaire ! Certains osent tourner la page et entrer de plain-pied dans la fiction ; d’autres préfèrent prendre sans joie le dernier train pour le retour. Ils auront au moins fait l’expérience de l’ailleurs. Ils sauront si, au-delà de la vallée de larmes, le soleil existe... même s’il doit affoler et tuer le caméléon qui tâcherait de reproduire sa couleur.

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Articles : Michel Host

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L'ange des larmes, roman,  Calmann-Lévy, 2010.

ange des larmes

« Le Christ recolle l’oreille du soldat mutilé et avertit son disciple : celui qui use du glaive périra par le glaive. Cela lui avait toujours semblé absurde : le pêcheur du lac de Tibériade n’avait pas de raison de porter un glaive. Un couteau, en revanche, c’est plausible. Il reste que saint Pierre est mort crucifié, et non par le glaive. Une prophétie du Christ non avérée, cela fait désordre. »

Parce qu’une faute de l’archange Cassiel empêcha jadis cette prophétie de se réaliser, celui-ci fut condamné à errer en silence parmi les hommes jusqu’à ce que le glaive retrouve son fourreau, jusqu’à ce que le cycle de la violence prenne fin – et que l’expérience humaine parvienne à son terme.
Sa route va finir par croiser celle de Pierre, un jeune noble révolté pris dans l’exaltation du Paris d’après-Commune. Là, alors même que l’Histoire – à moins que ce ne soit le baron Teragon, l’adversaire diabolique de Cassiel – décide du régime à venir de la France, et plus encore, Pierre va devoir choisir qui écouter, de l’ange des larmes ou du démon, pour accomplir sa destinée…
Une œuvre forte, à fleur de peau, qui n’est pas sans évoquer Le Maître et Marguerite de Mikhail Boulgakov.
(Éditeur)


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Articles

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Pudeurs féminines
, essai, Seuil, 2010.

Pudeurs féminines

« La pudeur, N’est-elle pas toute la femme ? », demandait Balzac. Même dévêtue, celle-ci conserve ce voile de pudeur invisible qui distingue, pour les moralistes, la femme honnête de la dévoyée. Bel éloge de la féminité, mais lourde responsabilité qui a souvent contribué à l’effacement de la parole et du corps féminins. La pudeur féminine a en occident une histoire spécifique, retracée ici depuis l’antiquité grecque. Aujourd’hui, pourtant, on la résume souvent dans une opposition binaire entre impudeur et pudeur : d’un côté, la femme-objet, dont la chair exposée est réduite à un pur objet de désir ; de l’autre, la femme cachée, vêtue jusqu’au bout des ongles. Dévoilée ou voilée, la nudité féminine est érotisée, suscitant la honte ou le désir. L’exacerbation des positions est la conséquence naturelle de cette réduction abusive. Chacun se bat au nom de la « liberté » de la femme, les uns estimant que le voile l’emprisonne ; les autres, que le dévoilement l’asservit au désir masculin. Je rappellerai donc cette troisième dimension, celle du voile naturel et invisible qui révèle la femme, afin de retrouver et de réhabiliter, loin des débats biaisés, une chair déculpabilisée et une pudeur faite de respect

Histoire de la coquetterie masculine, essai, Perrin, 2011.
Histoire de la coquetterie masculine
    "Coquetterie : Se dit le plus souvent des femmes", précisent les dictionnaires. Étonnant paradoxe, puisque la coquetterie renvoie étymologiquement au cri du coq, mâle par excellence, aux couleurs chatoyantes. Le mot apparaît au XVe siècle, mais la pratique est bien plus ancienne. L'auteur la définit comme la recherche de singularité par l'artifice dans l'apparence. Et dans ce domaine, les hommes n'ont pas été en reste : mignons, marjolets, muguets, dandys, zazous, punks n'ont souvent au cours des siècles rien eu à envier aux femmes en fait d'accoutrements, coiffures, parfums, fards et bijoux, mais au risque de paraître efféminés. Car la coquetterie est aussi, socialement, un agent de différenciation des sexes et, individuellement, une attitude face à la vie et à soi-même. C'est ce que démontre magistralement Jean Claude bologne en révélant, à travers l'histoire, les deux faces de la coquetterie masculine, fascinante d'un côté, répulsive d' l'autre."
(Éditeur).


Histoire de l'hôtel de Massa, SGDL, 2012.
Massa

          Siège de la Société des Gerns de Lettres depuis 1929, l'hôtel de Massa a été déplacé en 1927-1928 des Champs-Élysées aux jardins de l'Observatoire, où il s'élève encore aujourd'hui. Mais il avait déjà une longue histoire. Bâti en 1778-1784 par Jean-Baptiste le Boursier, architecte de renom, pour un administrateur des Postes, Thiroux de Montsauge, il abrite des hôtes illustres, depuis le duc de Richelieu Fronsac jusqu'au troisième duc de Massa, qui lui a laissé son nom. Entre les deux, sa situation idéale sur les Champs-Élysées l'a désigné comme siège d'ambassade : d'Italie (1802-1814), d'Autriche (1814-1826) ou de Belgique (1842-1848). Au cours des réceptions, des bals masqués, des banquets, des visites officielles, il a vu défiler les têtes couronnées et les noms les plus illustres d'Europe. La révolution de 1848 s'est déclenchée sous ses fenêtres, lors d'un bal resté célèbre  comme le dernier de la royauté française... Le duc de Massa, compositeur mondain, en a fait une salle de concert pour ses œuvres. « Autrefois, c’étaient des fêtes de l’élégance et du plaisir. Aujourd’hui, c’est la fête de l’esprit », résume un journaliste lorsque la Société des Gens de Lettres s'y installe. Doté d'un mobilier Art déco classé monument historique, comme les murs,
c'est désormais un haut lieu de la vie littéraire parisienne.

Une mystique sans Dieu, Albin Michel, 2015.
Mystique sans Dieu
        Peut-on vivre une expérience fulgurante de l’absolu sans l’associer nécessairement au vocabulaire et à l’imaginaire religieux ? Pour avoir vécu un tel événement, Jean Claude Bologne, poète, romancier et essayiste, ose répondre par l’affirmative à cette question a priori incongrue : « Le mot Dieu ne m’a jamais traversé, écrit-il. Parlons de joie ».
          Depuis une quarantaine d’années, intrigué par cette étrange possibilité d’une illumination qui ne soit pas « divine », il n’a eu de cesse d’explorer dans l’histoire et la littérature les signes d’expériences semblables. Et contrairement à l’idée convenue d’un lien consubstantiel entre mysticisme et religion, il s’est découvert partie prenante d’une vaste famille d’athées, et d’agnostiques et même de croyants ayant connu de tels épisodes sans pour autant leur accoler le nom de Dieu : Apollinaire, Bataille, Borges, Ionesco et Nietzsche côtoient ici Mallarmé, Proust et tant d’autres, dans une fresque brillante qui donne à penser à tous – croyants ou incroyants. Il nous fait ainsi partager une tout autre vision de la mystique, ouverte et adogmatique.

Quelques articles
Extraits

Histoire du couple, Perrin, 2016.
Couple
On étudie traditionnellement le couple à travers le prisme du mariage. Or celui-ci n'est qu'une forme de couple parmi d'autres, rejetant à la marge ce qui lui échappe : concubinage, amour libre, Pacs, relation extraconjugale, mais aussi fratrie, compagnonnage médiéval ou amitié exclusive. Notre imaginaire associe pourtant Castor à Pollux plus qu'à sa femme Hilaïre, Montaigne à La Boétie et Rodin à Camille Claudel.
D'abord multiples, les unions se sont progressivement cristallisées autour de la notion d'amour héritée d'une conception chrétienne et exclusive du couple. Cette alliance indissoluble, révolution qui ne s'est pas imposée sans heurts, a inscrit le couple idéal dans la durée. Mais en définitive, qu'est-ce que le couple ? Comment se forme-t-il et sur quoi repose-t-il ? Les enjeux de nos sociétés modernes (libération de la femme, reconnaissance de l'homosexualité...), l'évolution des mentalités (libertinage, individualisme...) et les récentes réformes législatives (Pacs, mariage pour tous...) ont-ils modifié sa conception ?
Entreprenant de lui rendre son ampleur, Jean Claude Bologne retrace pour la première fois son histoire de l'Antiquité à nos jours. Concise et clairvoyante, cette grande synthèse élargit le champ de réflexion d'un sujet de tout temps fondamental. Car si l'institution matrimoniale est en crise, le couple comme nouvelle forme de sociabilité n'a jamais été aussi florissant.

Histoire du coup de foudre, Albin Michel, 2017.
Histoire du coup de foudre
Ramsès II a presque soixante ans lorsqu’il tombe amoureux au premier regard d’une jeune princesse dont il fait aussitôt son épouse : voici le premier « coup de foudre » historiquement attesté. Trois mille ans plus tard, Stendhal, qui trouve l’expression ridicule, en convient : « La chose existe ». Aujourd’hui, elle est loin d’être remise en question ! Mais comment s’explique cette mystérieuse et soudaine attirance entre deux êtres ? Par la sensibilité ou la science (des atomes crochus… ou des phéromones) ? Le surnaturel (la flèche
de Cupidon… ou l’intervention du Malin) ? Une pure attraction physique ou un phénomène chimique ? Si le coup de foudre conserve toute sa part de mystère, Jean Claude Bologne en donne une lecture aussi inattendue que pertinente. En s’appuyant sur de nombreux récits empruntés à l’Histoire, à la légende et à la littérature, son enquête soulève au passage un passionnant paradoxe : notre époque cultive l’individualisme, la sécurité et le rationnel, mais elle ne rêve que de passions « enchaînantes », de surprises et de risques…


Histoire du sentiment amoureux, Flammarion, 1998.
Histoire du sentiment amoureux           Jacob ou l'amour du patriarche... Pétrarque ou l'échec de l'amour... Bayard ou la survivance chevaleresque.... Flaubert ou l'essoufflement romantique...
          En Europe, la passion amoureuse est devenue idéal de vie avant de constituer, au XIXe siècle, la condition même du mariage. Elle a été célébrée par les poètes, les romanciers, les peintres et les illustrateurs, analysée sans relâche par philosophes et théologiens. Cet ouvrage retrace l'évolution du sentiment amoureux, de Platon jusqu'à nos jours.

Beaux livre illustré.