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(Cette page sera régulièrement réactualisée)

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Remarques préliminaires :
  • Ce lexique est uniquement destiné à aider les étudiants de l'ICART, et en particulier les étudiants d'origine étrangère ou qui n'ont pas reçu de culture religieuse, dans l'approche de thèmes iconographiques dont une grande partie, surtout au moyen âge, sont de culture chrétienne. Ils ne représentent donc pas une opinion personnelle et n'infèrent en rien une adhésion aux idées qu'ils véhiculent. En particulier, le moyen âge a une culture antijudaïque (mais non antisémite) qui n'est plus celle de l'Église moderne et qui n'a jamais été celle de l'auteur de ces pages.
  • Ce lexique sera complété au fur et à mesure des cours et des besoins qui se feront sentir. Il ne constitue pas un complément au cours et n'est pas en soi matière d'examen.

Lexique

Aaron : frère de Moïse, premier grand prêtre d'Israël. Ses attributs font référence à ce choix. Les bâtons des douze princes ("premiers" de chaque tribu) ayant été déposés sur l'autel, seul le bâton d'Aaron a reverdi. Aaron porte un bâton bourgeonnant, la tiare des prêtres et le pectoral des grands prêtres.

Allégorie, symbole, attribut
: diverses manières de représenter des idées abstraites ou d'identifier des personnages. Selon l'analyse classique d'
Henri Corbin, "L'allégorie est une figuration plus ou moins artificielle de généralités et d'abstractions qui sont parfaitement connaissables et exprimables par d'autres voies."Il s'agit le plus souvent d'une figure féminine (donc qui ne porte pas de signification par elle-même) qui prend sens selon les attributs qu'elle porte (une femme portant une ancre est l'allégorie de l'Espérance). "Le symbole est l'unique expression possible du symbolisé, c'est-à-dire du signifié avec lequel  il symbolise. Il n'est jamais déchiffré une fois pour toute. " Selon son étymologie, le symbole est la partie visible d'une réalité immatérielle avec laquelle il forme un tout indissociable. Il porte donc sens par lui-même. Le chien est le symbole de la fidélité; le pélican ressuscitant ses petits est le symbole de la Charité, mais aussi du Christ... Associé à une allégorie, ces symboles deviennent des attributs. Un pélican surmontant une figure féminine est l'attribut de la Charité dans l'allégorie de Bruegel. Le coq , les clés... sont des attributs de saint Pierre, mais ils ne sont pas des symboles de saint Pierre.

Anaxyrides
: pantalons orientaux des mages (iraniens), collants, ou resserrés aux chevilles, souvent bariolés.

Aniconique : d'où la figure humaine est exclue.

Ancien Testament : partie de la Bible qui traite de l'histoire du monde depuis sa création et du peuple hébreu jusqu'au IIe s. av. JC. environ, selon les livres canoniques*. 39 livres (compte large) conservés en hébreu et dix livres conservés en grec (deutérocanoniques*)

Apocryphe : se dit d'un texte qui ne porte pas la signature de son auteur, attribué faussement à un auteur. En particulier, se dit d'un  texte qui a été rejeté du canon*, donc sur l'authenticité duquel on n'a pas voulu se prononcer. Cela ne signifie pas que son contenu est contesté.

Apôtres : les douze disciples du Christ dans le Nouveau Testament. Après la trahison de Judas, un douzième est élu (Matthias), mais dans les représentations, on lui préfère souvent Paul, "l'Apôtre des Nations". Deux (Matthieu et Jean) sont aussi des évangélistes.

Arbre de Jessé : thème iconographique apparu au XIe siècle d'après une prophétie d'Isaïe et une analyse de Tertullien (IIe siècle). Il représente, sous la forme d'une arbre, la généalogie du Christ issue de la "souche" de Jessé (père de David). Il peut compter jusqu'à 27 personnages, dont 15 rois de Juda, jusqu'à Joseph, "époux de Marie, mère de Jésus". La Vierge apparaît comme la "fleur" de cet arbre dont le Christ est le fruit. Les colombes qui l'entourent représentent les 7 dons du saint Esprit selon la prophétie d'Isaïe (11, 1) : "Puis un rameau sortira du tronc de Jessé, et un rejeton naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui : l'Esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel. Il respirera la crainte de l'Eternel (= la piété)."

Ascendance : l'ensemble des ancêtres (à l'inverse de la descendance, ensemble des générations postérieures). L'ascendance davidique désigne le fait de compter David parmi ses ancêtres.

Aumusse : Tissu ou fourrure qui peut être posé sur la tête (par exemple pour supporter une couronne) ou servir de coiffe (dessin) (photo). Dans ce cas, retombant derrière les épaules et empesée derrière la tête, elle est caractéristique du chanoine.

Bible : en grec, biblia est le pluriel de biblion, "livre". La Bible est un ensemble de livres constituant le canon* des religions hébraïque, catholique, protestantes, orthodoxe. On y distingue l'Ancien* Testament et le Nouveau* Testament.

Brigitte de Suède (sainte) : de famille royale, veuve à 46 ans en 1347, elle se rend à Rome et en Terre sainte, où elle a des visions publiées en 1370. Celles-ci auront notamment une grande influence sur les représentations de la Nativité. Elle a aussi fondé l'ordre du Saint-Sauveur et est patronne de la Suède.

Cale : petit bonnet très courant au moyen âge, de lin, de soie, de gaze... le plus souvent blanc, qui retient les cheveux et se noue sous le menton. Il est porté seul ou sert de support à un chapeau ou à une couronne. Ses dérivés calot, calotte sont restés d'usage.

Camauro : bonnet de velours ou de satin, plus correctement : cameluccio (en latin : camelacium, parce qu’en poils de chameau à l’origine). C'était au départ une coiffure de moine, attestée dans l’iconographie au IXe siècle. Mais elle est réservée au pape à partir de 1464 et portée jusqu’à Pie VI. Fréquente dans l'iconographie pontificale entre le début du XVIe s. et la fin du XVIIIe s. Elle apparaît encore sporadiquement jusqu’à Jean XXIII. Benoît XVI l'a remise à l'honneur en 2005. Aux XVIe-XVIIe, une variante, la clémentine, est fort à la mode, mais elle est parfois considérée comme une autre coiffe, puisque Clément X portait en même temps la clémentine et le camauro.

Canon : en grec, le mot signifie "roseau" (cf. canne à sucre, "roseau qui produit du sucre"), canne, règle (parce que le roseau est droit)... Au figuré, le canon désigne une liste d'ouvrages reconnus par une autorité (p. ex. : le canon alexandrin, liste d'auteurs classiques dressée par les grammairiens d'Alexandrie).

Canoniques (livres) : dans la Bible, se dit des livres retenus par une autorité religieuse  (catholique, protestante, orthodoxe, juive...) pour la version officielle. Le canon catholique est celui du synode romain de 382, confirmé par le concile de Trente en 1546.

Chaperon : couvre-chef très fréquent entre le XIIe et le XVIe siècle. C'est une sorte de cagoule composé de trois parties : le guleron, qui recouvre la gorge et les épaules, la visagière, qui recouvre la tête et qui peut également recouvrir le visage, la cornette (ou coquille), longue queue pendant dans le dos. Le chaperon se porte de multiples manières. Lorsqu'il est enfilé, la visagière est le plus souvent ramenée vers l'arrière pour laisser voir le visage; elle le recouvre lors des deuils (les pleurants des tombeaux en donnent un exemple classique). La cornette peut se porter dans le dos, ramenée sur l'épaule, enroulée... Au XVe siècle, on porta beaucoup le chaperon sans l'enfiler, le guleron formant au échafaudage élégant au-dessus de la tête.

Croix : la croix latine (crux immisa) est composée du stipes (poteau vertical) et d'au moins une traverse (patibulum, où sont fixés les bras du crucifié). On peut y trouver un titulum (inscription portant le nom du condamné et le motif de sa condamnation), un suppedaneum (planche où sont cloués les pieds) et exceptionnellement un sedile (planchette qui permet de s'asseoir).

Croix de gloire (parfois appelée sphragis, "sceau") : croix triomphale, qui fait allusion au signe de Dieu qui apparaîtra dans le ciel à la fin des temps, ou à la signature de Dieu (d'où son nom de sphragis) tracée sur le front des élus chez Ezéchiel et dans l'Apocalypse attribuée à Jean. Les croix gemmées (ornées de pierres précieuses) véhiculent le même symbole.

Croix patibulaire (parfois appelée stauros) : gibet du Christ.

Dalmatique : tunique à manches larges, qui fut celle des empereurs romains ou des rois de France. Comme vêtement liturgique, elle se reconnaît aux deux échancrures sur les côtés. Elle fait partie des vêtements liturgiques revêtus par l'évêque ou le pape durant la messe, les jours de fête (sous la chasuble) mais, portée comme vêtement de dessus, elle est caractéristique des diacres (dessin) (photo).

David : roi d'Israël (royaume unifié) beau-fils de Saül, père de Salomon. On le reconnaît à sa harpe (il est l'auteur des Psaumes). Aux côtés de Salomon, c'ést généralement le plus vieux. Parmi les épisodes qui ont pu inspirer l'iconographie, le combat contre Goliath est le plus connu (il abat le géant avec sa fronde).

Deutérocanoniques : dix livres de l'Ancien Testament conservés en grec, rejetés des canons* hébraïque et protestant, et accepté des canons catholique et orthodoxe.

Dis (Dité) : nom donné par Dante à une cité des enfers (Divine Comédie, Enfer, chant VIII, v. 68) au-delà du Styx : « S’appressa la città ch’ha nome Dite » (« Nous approchons de la ville qui se nomme Dis (Dité) »). Dante et Virgile y sont conduits sur la barque de Phlégias (ne pas confondre avec Charon, qui fait traverser l'Achéron, non le Styx). La ville, avec ses dômes ("mosquées") et ses murailles rougeoyantes, se retrouve dans les représentations de l'enfer à la fin du Moyen Age. On a pris l'habitude de désigner ces châteaux embrasés sous le nom de Dis, même si le rapport avec Dante est loin d'être établi.

Dismas (Dysmas) : le "bon larron", crucifié à droite du Christ (gauche du spectateur). Il a les jambes brisées (cf. Longin), regarde vers le Christ ou vers le ciel,. Son âme est recueillie par un ange.

Église : allégorie opposée à la Synagogue depuis le IXe siècle. C'est l'assemblée des chrétiens, représentée sous les traits d'une femme couronnée, tenant l'étendard de la résurrection, les espèces eucharistiques (hostie et calice)...

Érinyes : divinités grecques de la vengeance, nommées par euphémisme Euménides (les bienveillantes), assimilées aux Furies romaines. Attributs : fouets, serpents, torches, cheveux mêlés de serpents...

Eschatologique : qui concerne la fin des temps (du grec eschatos, dernier)

Eucharistiques (espèces) : le pain (hostie) et le vin consacrés lors de la messe et contenant selon le dogme de la transsubstantiation la chair et le sang du Christ.

Evangéliaires (ou lectionnaires) : livre liturgique contenant les quatre Evangiles placés dans l'ordre  des lectures aux offices de l'Eglise (commençant par la leçon de Jean, lue le jour de Pâques).

Évangélistes : auteurs des quatre versions de l'Évangile retraçant la vie du Christ. Deux (Jean et Matthieu) sont aussi des apôtres; deux (Luc et Marc) n'ont pas connu le Christ. Leurs symboles sont adaptés des quatre "vivants" d'Ézéchiel : l'homme (ou ange) pour Matthieu; le bœuf (ou taureau) pour Luc; le lion pour Marc; l'aigle pour Jean.

Furies : les Romains ont identifié leurs Furies aux Érinyes grecques, ces déesses de la vengeance qui tourmentent les coupables tant qu'ils n'ont pas été purifiés rituellement. Les Grecs, pour ne pas avoir à prononcer leur nom, les appelaient par antiphrase Euménides� ("les Bienveillantes"). Elles sont représentées avec des torches et des serpents dans les cheveux.

Fleuves des enfers : le Styx (sur lequel les dieux prêtent serments; ses eaux rendent invulnérable), l'Achéron (et son passeur Charon), le Cocyte (fleuve des lamentations), le Pyriphlégéton (fleuve de feu). Le Léthé est la source de l'oubli (mythologie gréco-romaine).

Gestas : le "mauvais larron", crucifié à gauche du Christ droite du spectateur). Il a les jambes brisées (cf. Longin), se détourne du Christ ou vers le sol,. Son âme est recueillie par un diable.

Harpyes : dans la mythologie grecque, monstres infernaux, oiseaux rapaces à tête de femme, qui enlèvent les enfants et les âmes.

Hédroit : fébvresse (forgeronne) qui a forgé les clous destinés à la crucifixion du Christ, qu'aucun homme ne voulait forger.

Houlette : bâton de berger. Courbé à l'extrémité, il permet de rattraper les brebis par la patte; terminé par une spatule, il permet de les viser avec une petite motte de terre pour leur signaler qu'elles s'éloignent du troupeau.

Iconologie : (Ripa, 1593) : connaissance des attributs des personnages ou des allégories (la Prudence a deux visages, tient un miroir et un serpent; saint Pierre a des clés et un coq...)
(Warburg, 1912; Panofsky, 1939) : étude des structures sociales, culturelles... qui permettent d'interpréter les images selon les critères de l'époque qui les a produites. La description pré-iconographique décrit les motifs indépendamment de leur signification. L'analyse iconographique déchiffre les motifs selon leur signification traditionnelle. L'interprétation iconologique voit dans l'œuvre le témoin des valeurs symboliques d'une civilisation.

Jourdain : le fleuve divinisé (ou les deux sources Jour et Dain) apparaît dans les représentations anciennes du Baptême du Christ. Il se reconnaît à l'urne renversée (symbole de la source), à ses cornes en forme de pinces de crabe, à son sceptre en forme de roseau ou de rames... Il fait un geste d'étonnement, adore le Christ ou s'enfuit. Il symbolise la purification des eaux par le Christ qui, n'étant pas soumis au péché originel, n'a pas besoin d'être baptisé.

Lancette : verrière étroite et très haute, en forme de "lance".

Longin : soldat romain qui perce de sa lance le flanc droit du Christ. Il reconnaît ainsi que le Christ est mort (de l'eau et du sang sortent de son flanc) et lui évite d'avoir les jambes brisées, comme cela sera fait aux larrons pour hâter leur mort. Longin est représenté comme un soldat vieux et aveugle, dont il faut guider la main. Du sang du Christ éclabousse ses yeux et lui rendent la vue (symbole de conversion).

Lutrin : meuble destiné à déposer un livre pour en permettre la lecture.

Maphorion : grand manteau bleu nuit que porte la Vierge. Il porte traditionnellement trois étoiles (une sur le front, une sur chaque épaules) correspondants aux points du signe de croix et symbolisant la triple virginité.

Melchisédech : Roi et prêtre de Salem (Jérusalem ?), qui donne à Abraham le pain et le vin en échange de la dixième partie (la dîme) de son butin. L'épisode est devenu une typologie de la Cène (partage du pain et du vin). Melchisédech est le modèle du messie eschatologique. Dans l'iconographie, outre le pain et le vin (dans un calice), il porte à la fois la tiare des prêtres et la couronne des rois.

Mélote : tunique en poils étroite et courte, portée par les bergers et les prophètes. Jean Baptiste a traditionnellement une mélote en poils de chameau.

Mer d'airain : énorme réservoir d'eau, en bronze, soutenu par douze taureaux, placé devant le temple de Jérusalem et servant aux ablutions rituelles. C'est une préfigure du baptême du Christ (les douze taureaux symbolisant les douze apôtres).

Messie : l'hébreu "Messiah" (Messie), le grec "Christos" (Christ) et le latin "Unctus" (Oint) traduisent la même notion :  celui qui a reçu l'onction, l'huile consacrée. Dans l'ancienne loi, pouvaient la recevoir : le roi, le prêtre, le prophète (cette dernière onction discutée). Tous ces personnages peuvent être appelés "messies". Le Messie, peu à peu, a désigné un personnage à venir, qui restaurerait la royauté d'Israël (messie royal), la religion dans toute sa pureté (messie sacerdotal) ou qui ferait justice à son peuple à la fin des temps (messie eschatologique). David est le modèle du messie royal (qui doit être d'ascendance davidique); Aaron, frère de Moïse, du messie sacerdotal; Melchisédech, du messie eschatologique. Pour les chrétiens, le Christ est le Messie et assume les trois fonctions messianiques : roi (mais sa royauté n'est pas de ce monde), prêtre (qui restaure la religion dans sa pureté primitive), et juge (à la fin des temps). Il en assume aussi une quatrième, l'athlète, dans sa lutte contre le mal.

Mitre : Coiffure liturgique des évêques et des archevêques, qui peut être également portée par certains abbés (abbés mitrés) (dessin) (photo). Le pape la porte en tant qu'évêque de Rome, indépendamment de la tiare, qui n'est pas une coiffure liturgique. [Elle est attestée depuis le Xe siècle, mais sa forme se distingue de celle de la tiare à partir du XIIe siècle. C'est au départ un bonnet souple maintenu par un bandeau. Le pli qu'elle forme est caractéristique à partir du XIIe siècle; il prend la forme de deux cornes symbolisant les deux Testaments. Le cordon qui les réunit au sommet signifie la parfaite connaissance des deux Testaments par l'évêque. Ces cornes deviennent hautes à partir du XIVe siècle. Biblioraphie complémentaire : M. Beaulieu / J. Baylé, La mitre épiscopale en France des origines à la fin du XVe siècle, 1976.]

Nouveau Testament : partie de la Bible* qui concerne la vie du Christ et des apôtres selon les livres canoniques.

Orbe (nom masculin) : globe tenu à l'origine par l'empereur et symbolisant son pouvoir sur le monde. D'orgine romaine, il est adopté, surmonté d'une croix, par les empereurs chrétiens de Byzance puis du Saint Empire Romain Germanique. L'orbe fleurdelysé est adopté par les rois de France à l'époque moderne. Les divisions de l'orbe ont correspondu dans le symbolisme médiéval aux trois continents et à la carte en "OT". Dans les mains du Christ-empereur, il symbolise plus probablement l'univers. L'orbe retourné est fréquemment associé aux Jugements derniers.

Parques : divinités gréco-romaines du destin. Les Parcae latines (parcere, "enfanter"), ou Fatae ("Destins") étaient associées à la naissance : Nona (neuvième mois de la grossesse), Decima (Decuma, dixième mois), Morta. Elles ont été assimilées aux Moires grecques (Moirai), qui symbolisent la destinée humaine : Clotho, Lachésis, Atropos. Le nom générique sous lequel nous les connaissons est donc d'origine romaine, et les noms particuliers, ainsi que leurs attributs, d'origine grecque. Clotho, la fileuse (klothô , "filer"), tisse la trame des destinées humaines. Lachésis (lagchanô, "tirer au sort"), souligne leur caractère arbitraire et fortuit. Atropos (a- , préfixe privatif, et trepô , tourner) symbolise l'immuabilité du destin. Elles incarnent le passé (la naissance, la quenouille* de Clotho), le présent (le destin, le fuseau de Lachésis), le futur (la mort, les ciseaux d'Atropos). Elles filent de la laine blanche ou noire, selon le sort qu'elles réservent à chacun. Cette iconographie se fixe à la Renaissance. Les parques ont engendré les trois "fées" (fatae) qui se penchent sur le berceau de l'enfant.

Pectoral : ornement de poitrine (en latin pectus). Le pectoral d'Aaron est celui des grands prêtres d'Israël. Il est carré, large d'un empan et porte douze pierres précieuses dont les noms sont énumérés dans Exode 28, 15-30.

Perizoma (calque latin à proscrire : perizonium) : "pagne" noué autour des reins du Christ. Selon une vision attribuée à saint Anselme, il s'agirait du voile de la Vierge qu'elle a noué autour des reins de son fils dénudé. Dans les représentations les plus anciennes, on peut trouver un subligaculum (fine bande de tissu) ou un colobium (tunique longue).

Phylactère : (du grec phullax, "gardien", phullatein, "protéger") A l'origine, morceaux de papyrus ou de parchemin sur lesquels on inscrivait des prières, des formules magiques, et qui servaient de talismans (pour "protéger" ceux qui les portaient). La pratique a été signalée, et interdite, par les prédicateurs chrétiens de l'époque mérovingienne. Le sens premier subsiste dans l'usage d'appeler "phylactères" les teffilin juifs (versets de la torah inscrits sur des morceaux de parchemin et portés sur le front et sur le bras pour certaines prières). En histoire de l'art, le phylactère désigne le rouleau de parchemin déployé comme une banderole, sur lequel les artistes inscrivent les paroles ou le nom des personnages. Le phylactère est souvent l'attribut des prophètes. Par extension, on appelle ainsi les "bulles" des bandes dessinées.

Préfigure : dans la méthode typologique*, scène de l'Ancien* Testament qui annonce de manière voilée une scène du Nouveau Testament, appelée "figure". Par exemple, Jonas avalé et rejeté par le monstre marin (identifié à une baleine) est une préfigure de la mort et de la résurrection du Christ.

Prophètes : personnages de l'Ancien* Testament qui reçoivent des révélations divines. Les prophètes en principe se distinguent par leur mode de vie et l'onction qu'ils ont reçue, mais de nombreux personnages ont pu être appelés prophètes au sens large. En particulier, on désigne par ce nom les prophètes qui ont écrit des livres regroupés dans l'Ancien Testament. Selon le canon* chrétien, il  y a quatre "grands prophètes" (trois dans le canon hébraïque) et douze "petits prophètes".

Quenouille : tige sur laquelle on pique la touffe de laine à filer ; le fil en est détaché par torsion et enroulé sur le fuseau. La quenouille est un attribut des Parques (et en particulier de Clotho, Lachésis tenant le fuseau et Atropos coupant le fil) et de la Vierge dans certaines Annonciations.

Révélations : traditionnellement, on distingue trois grandes révélations qui définissent trois modes de vie et trois étapes de la religion : la révélation à Adam (religion patriarcale, "sub Natura", sous la loi naturelle), la révélation à Moïse (religion mosaïque, mode de vie "sub lege", sous la loi des dix commandements), la révélation  par le Christ (religions chrétiennes, "sub gratia", sous la Grâce). Les deux premières appartiennent à l'Ancien Testament et la troisième au Nouveau Testament.

Rois de Juda
: série de rois bibliques comprenant les trois rois du royaume unifié d'Israël (Saül, David, Salomon) et les souverains du royaume de Juda après la division du royaume primitif (royaume d'Israël, capitale : Samarie, et royaume de Juda, capitale : Jérusalem). Comme ancêtres du Christ, les rois du Juda apparaissent sur l'arbre de Jessé. Le lion de la tribu de Juda peut leur être associé.

Roue de Fortune : Représentation médiévale du destin. Dans la Consolation par la philosophie de Boèce  (VIe s.), la Fortune (= le Destin) apparaît au philosophe emprisonné. Elle est comme une roue qui nous élève et nous fait retomber. Cette image, empruntée à la poésie gréco-romaine (Anacréon, Properce), est très populaire au moyen âge. Dans sa version la plus simple et la plus répandue, elle montre la Fortune (allégorie féminine) faisant tourner la roue sur laquelle ont pris place quatre personnages incarnant le futur (regnabo, "je régnerai"), le présent (regno, "je règne"), le passé (regnavi, "j'ai régné") et la mort (sum sine regno, je n'ai plus de règne). Le bandeau sur ses yeux symbolise l'égalité de chacun devant le destin, mais aussi l'inexorabilité de la Fortune, indifférente aux prières des hommes.

Sainte Parenté : représentation de la famille du Christ sur trois générations : ses grands-parents (Anne et Joachim), ses parents (Joseph et Marie), oncles et tantes, et ses cousins. Le thème apparaît au XIIIe siècle et est condamné au concile de Trente (XVIe siècle), car il suppose trois maris successifs à sainte Anne. Ne pas confondre avec la Sainte Famille (ou Trinité terrestre, Trinité humaine, Trinité jésuite...) se limitant à Marie, Joseph et le Christ (thème apparu au XVe siècle et plus répandu depuis).

Salomé : Plusieurs personnages de la Bible et de l'iconographie ont porté ce nom. Il est notamment donné à une des deux sages-femmes qui ont assisté à la Nativité du Christ. Salomé, qui ne croit pas à virginité de Marie, a vu son bras se dessécher. Il a retrouvé ses chairs lorsqu'elle a touché les langes ou le corps de l'enfant Jésus. Dans l'iconographie, elle est évoquée par une femme qui se tient le bras.

Septante : version grecque de l'Ancien Testament, traduite de l'hébreu par soixante-douze traducteurs d'Alexandrie au IIIe siècle av. J.C. Les "septante" traductions différentes se seraient révélées les mêmes, preuve de l'inspiration divine.

Shéol : lséjour des morts dans l'ancien Testament, lieu indéfini sans châtiment ni récompense.

Sibylle : prophétesse antique. Chaque ville ayant voulu "sa" sibylle, on finit par en dénombre dix ou douze. Les livres sibyllins, qui contenaient leurs prophéties, sont perdus, mais des versions judaïsées et christianisées ont circulé. Dans l'art chrétien, les douze sibylles peuvent être représentées selon les thèmes. Les plus fréquentes sont l'Erithréenne (d'Erithrée), associée au Jugement dernier, et la Tiburtine (de Tivoli, en latin Tibur), associée à la naissance du Christ. C'est cette dernière qui a montré à l'empereur Auguste une femme portant un enfant, sur un autel apparu dans le ciel au milieu du soleil. Cette vision permet de la reconnaître.

Stéphaton : (littéralement : "celui qui est autour") : soldat romain qui donne à boire au Christ du vinaigre sur une éponge plantée sur une tige d'hysope (roseau). Il fait pendant à Longin. Le vinaigre (vin aigre) ingurgité correspondant au sang (symbole eucharistique du vin de la Nouvelle Loi) sortant du sang du Christ.

Synagogue : Allégorie opposée à l'Église depuis le IXe siècle. C'est l'assemblée des juifs représentés sous la forme d'une femme aux yeux bandés, tenant les tables de Moïse, une lance brisée, un couteau de circoncision, associée à des animaux négatifs (bouc, âne, porc...).

Sujet : voir thème

Tartare : dans la mysthologie gréco-romaine, partie la plus profonde de l'enfer, où sont précipités ceux qui se sont révoltés contre les dieux et châtiés ceux qui ont enfreint une loi divine. Distinct de l'Erèbe, ou Adès, séjour des morts dont le souverain est Arès, frère de Zeus.

Thème et sujet : Le thème a une signification générale, indépendamment de toute singularité événementielle. Le sujet représente des éléments particuliers, situés géographiquement et historiquement (lieux, personnes, événements réels ou imaginaires, faits sociaux…)
L’enfer est un thème que l’on retrouve dans l’art chrétien et dans les principales mythologies. L’Anastasis (Descente du Christ aux limbes) est un sujet spécifique à l’art chrétien. Il illustre le thème de l’enfer.

Théophanie : Apparition de Dieu, et en particulier du Dieu trinitaire (Père, Fils, Esprit). Dans le Nouveau Testament, les deux théophanies canoniques sont le Baptême et la Transfiguration. [Plus largement, on désigne par ce terme les apparitions de Dieu, dans l'Ancien Testament (à Moïse, à Ézéchiel, à Isaïe), dans le Nouveau (à saint Jean dans l'Apocalypse), lors des visions (théophanies eschatologiques ou éternelles), à la fin des temps (théophanie deutéroparousiaque et Jugement dernier)]

Tiare : A l'origine, la tiare est un bonnet oriental qui pouvait être mou (il est alors appelé bonnet phrygien) ou rigide (le plus souvent sous forme de cône tronqué, mais parfois avec une pointe recourbée vers l'avant). La tiare rigide sert de couronne royale dans les royautés orientales. C'est ainsi qu'on peut la trouver, dans l'art grec, sur la tête de Midas (roi de Phrygie) ou d'Orphée (roi thrace). Elle est étendue à bon nombre de peuples "barbares".
En particulier, dans l'art chréétien, coiffure pontificale (dessin) (photo), également attribuée (sans couronne) à des prêtres païens dans l'iconographie. Ce n’est pas une coiffe liturgique : portée pour le couronnement et parfois pour se rendre à la messe. Attestée de 1099 à 1963 (couronnement de Paul VI). Dérivée du bonnet phrygien des rois d’Orient, elle a la forme d'un bonnet pointu et symbolise la puissance temporelle sur les états de l'Eglise. Dès le VIIe-VIIIe s., on parle d’une coiffure spécifique pour les papes (frigium, le mot tiare apparaît en 1099), dont la forme peut se confondre avec celle de la mitre. A partir du XIIe s., la mitre est un bonnet souple et la tiare un bonnet rigide. Elle est maintenue par un bandeau d'or (circulus), qui devient un galon cousu au bonnet et qui se transforme en couronne vers 1278.Une deuxième couronne est ajoutée par Boniface VIII vers 1300. Il y ajoute un cabochon (rubis) qui sera perdu peu après : le support donne l'impression d'une troisième couronne et en 1322, Guillaume d’Occam accuse Jean XXII d’avoir ajouté par orgueil une troisième couronne. Cette roisième couronne sera systématique à partir de Clément VI (1342). Le symbolisme de ces trois couronnes est tardif : souveraineté temporelle sur les États de l’Église, spirituelle sur les âmes, et autorité morale (mixte) sur les rois. Cette triple souveraineté a donné à la tiare le nom de triregnum. Le cabochon perdu est remplacé par une croix. Bibliographie complémentaire : E. Müntz, La tiare pontificale du VIIIe au XVIe siècles, 1898.

Tonsure : Signe caractéristique de la cléricature. Elle apparaît en VIe siècle, mais n'est obligatoire que de 1031(concile de Bourges)  à 1972 (motu proprio de Paul VI). La tonsure désigne la coupe des cheveux, et par la suite la calotte dégarnie sur le sommet du crâne (jusqu'au XVe siècle) ou sur l'occiput (depuis le XVe siècle). La couronne désigne la partie restante de la chevelure et symbolise la victoire spirituelle et la perfection de celui qui la porte. Sa largeur varie selon le degré atteint dans la hiérarchie spirituelle et est fixée par plusieurs conciles. Elle était portée par les moines et par le clergé séculier, dans les ordres mineurs (petite tonsure) et majeurs (grande tonsure). Le type courant est la tonsure de saint Pierre, ou tonsure romaine. Il a existé d'autres types (tonsure de saint Jean, de saint Paul...) dont la forme exacte est encore sujette à discussion. Des tonsures de dérision ont été imposées aux fous; la perte de la couronne (tête complètement rasée) a pu être un signe d'infamie imposé aux débauchés. Bibliographie complémentaire : Louis Trichet, La Tonsure, 1990.

Trente (concile de) : consile qui a préparé la Contre-Réforme (lutte contre les religions réformées). Il s'est réuni à Trente (Italie) entre 1545 et 1563 (avec de longues interruptions). Les directives concernant les images données lors de la XXVe session (1563) ont été développés dans divers livres, en particulier le Traité sur les saintes images de Molanus (Vandermeulen).

Typologie : lecture de la Bible qui voit dans l'Ancien Testament une préfigure du Nouveau. Par exemple, la traversée de la Mer rouge est une préfigure du Baptême.

*Urceus : récipient contenant le vinaigre dont Stéphaton désaltère le Christ en croix.

Vulgate : version latine de la Bible, traduite par saint Jérôme à la fin du IVe siècle (390-405). La traduction a été plusieurs fois revue depuis le XVIe siècle ("Nouvelle Vulgate").

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Eglise
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Portail


Façade
























Portail :

1. Voussures
2. Archivolte
3. Piedroits
4. Ebrasements
5. Jambage ou piédroits

Eglise :

1. Chapelle axiale (souvent mariale)
2. Absidiole
3. Déambulatoire
4. Jubé
5. Chapelle du transept (ici, orientée)
6. Croisillon nord
7. Croisillon sud
8. Travée (ici, nef à quatre travées)
9. Bas-côté (ou collatéral) nord
10. Bas-côté (ou collatral) nord
11. Porche
12. Portail méridional

Façade :

1. Modillons
2. Gargouille
3. Pinacle
4. Gâble


Vêtements ecclésiastiques

coiffures

Mitres et tiares

Vêtements de messe  Vêtements de choeur

Moines  Aumusse - dalmatique

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